Finance

Le crédit bancaire poursuit sa progression à deux chiffres

Par LNT
bank al-maghrib

Le crédit bancaire a poursuivi sa progression en juillet 2026, avec un encours global de 1.286,2 milliards de dirhams, en hausse de 10,3% sur un an, selon Bank Al-Maghrib (BAM). Le financement du secteur non financier a accéléré à 10,1%, porté notamment par les concours aux entreprises privées. Dans le même temps, les dépôts bancaires ont progressé de 9,1% à 1.423,2 milliards de dirhams, tandis que la masse monétaire a augmenté de 11,2%.

La dynamique du crédit bancaire s’est maintenue au terme des sept premiers mois de 2026. Selon les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib, l’encours total a atteint 1.286,2 milliards de dirhams à fin juillet, soit une progression annuelle de 10,3%.

Cette évolution recouvre une hausse de 10,1% des crédits accordés aux agents non financiers et de 10,9% de ceux destinés aux agents financiers.

Les entreprises privées soutiennent la progression du crédit

Le crédit bancaire au secteur non financier a accéléré en juillet, son rythme de croissance passant de 9,8% en juin à 10,1%.

Cette évolution s’explique principalement par la progression des concours accordés aux sociétés non financières privées, dont la croissance annuelle est passée de 8,1% à 11%. À l’inverse, celle des crédits aux sociétés non financières publiques a nettement ralenti, passant de 15,9% à 3,1%.

Dans le détail, les crédits aux entreprises non financières privées ont bénéficié d’une hausse de 18% des prêts à l’équipement, de 11,3% des facilités de trésorerie et de 10,8% des crédits à la promotion immobilière.

Toutes catégories d’emprunteurs confondues, la croissance des facilités de trésorerie s’est accélérée à 8,7%, contre 6,9% en juin. Celle des crédits à l’équipement a, en revanche, ralenti de 27,1% à 25,7%, notamment sous l’effet de la décélération des concours aux entreprises publiques.

Des taux de crédit à 4,81% au deuxième trimestre

Les conditions d’octroi des crédits seraient restées globalement inchangées au premier trimestre 2026, aussi bien pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) que pour les grandes entreprises, selon l’enquête de BAM auprès des banques.

Ces dernières font toutefois état d’une hausse de la demande de financement pour l’ensemble des catégories de crédit et d’entreprises.

Au deuxième trimestre, l’accès au financement bancaire a été jugé « normal » par les entreprises interrogées dans le cadre de l’enquête de conjoncture de la Banque centrale. Quelque 83% d’entre elles ont estimé que le coût du crédit était resté stable, contre 17% faisant état d’une hausse.

Le taux appliqué aux nouveaux crédits s’est établi à 4,81%, en augmentation de 2 points de base sur un trimestre. Il ressort à 4,56% pour les grandes entreprises et à 5,2% pour les TPME.

Les crédits aux ménages progressent de 3,3%

Du côté des ménages, l’encours des crédits a atteint 403,4 milliards de dirhams à fin juillet, en hausse de 3,3% sur un an et de 1,9% par rapport à décembre 2025.

Les prêts à l’habitat ont progressé de 2,6%, tandis que les crédits à la consommation ont augmenté de 4,5%.

Le financement participatif destiné à l’habitat poursuit parallèlement sa progression. Son encours, constitué notamment de Mourabaha immobilière, a atteint 32,1 milliards de dirhams, contre 27,4 milliards un an auparavant, soit une hausse annuelle de 17,1%.

Les créances en souffrance ont, pour leur part, augmenté de 3,1% en juillet, après 1,9% en juin. Leur poids dans l’ensemble du crédit bancaire est toutefois resté stable à 8,1%.

Les dépôts bancaires dépassent 1.423 milliards de dirhams

En parallèle, les dépôts auprès des banques ont atteint 1.423,2 milliards de dirhams à fin juillet, enregistrant une progression de 9,1% sur un an.

Les dépôts des ménages se sont établis à 1.034,5 milliards de dirhams, également en hausse de 9,1%. Sur ce montant, 233,9 milliards de dirhams étaient détenus par les Marocains résidant à l’étranger.

Les entreprises non financières privées ont, quant à elles, porté leurs dépôts à 255,3 milliards de dirhams, soit une progression annuelle de 11,7%.

Concernant la rémunération de l’épargne, les taux des dépôts à terme ont diminué de 6 points de base pour les maturités à six mois et de 19 points de base pour celles à douze mois, pour s’établir respectivement à 2,45% et 2,58%.

Le taux minimum de rémunération des comptes d’épargne a, en revanche, été fixé à 1,82% pour le second semestre 2026, en hausse de 21 points de base par rapport au semestre précédent.

La masse monétaire progresse de 11,2%

L’agrégat monétaire M3 s’est établi à 2.195 milliards de dirhams en juillet, en hausse annuelle de 11,2%, contre 11,7% en juin.

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par l’accélération du crédit bancaire au secteur non financier, mais également par la progression des créances nettes des institutions de dépôt sur l’administration centrale, passée de 2,6% à 5,7%, et par la hausse de 22,7% des avoirs officiels de réserve.

Le ralentissement de la croissance de M3 s’explique notamment par une progression moins rapide de la monnaie fiduciaire, à 18%, ainsi que des détentions en titres d’OPCVM monétaires, dont la croissance est revenue de 41,1% à 20,3%.

Les dépôts à vue ont affiché une croissance quasiment stable à 11,2%, tandis que celle des comptes d’épargne a légèrement accéléré, de 4,4% à 4,6%. La baisse des comptes à terme s’est, de son côté, atténuée, passant de 5,5% à 2,2%.

LNT

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