Guinée-Bissau: la junte soumet à référendum une Constitution qui concentre les pouvoirs

Par LNT
Guinée-Bissau

Les électeurs bissau-guinéens se sont prononcés dimanche sur un projet de Constitution rédigé sous l’autorité des militaires au pouvoir depuis novembre 2025. Le texte fait passer le pays d’un régime parlementaire à un régime présidentiel et réduit l’Assemblée nationale de 102 à 65 sièges. L’opposition avait appelé au boycott. Les résultats provisoires sont attendus mardi.

Le scrutin s’est tenu le dimanche 30 août, de 8 heures à 17 heures GMT. Quelque 915 000 électeurs étaient appelés aux urnes, sur une population d’environ 2,2 millions d’habitants.

Le projet soumis au vote opère un changement de nature du régime. Le président de la République se voit doté du pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement. La fonction de Premier ministre, aujourd’hui centrale dans l’équilibre institutionnel bissau-guinéen, devient subordonnée à l’autorité présidentielle.

L’Assemblée nationale populaire est par ailleurs ramenée de 102 à 65 sièges.

Le contexte politique dans lequel s’inscrit cette consultation en éclaire les enjeux. Un coup d’État militaire a renversé les institutions en novembre 2025, à l’issue d’une élection présidentielle contestée dont les résultats n’ont jamais pu être proclamés. Le général Horta N’Tam a été installé à la tête d’une transition régie par une charte provisoire qui lui interdit de se présenter à une élection.

L’opposition et une partie de la société civile contestent la légitimité de la démarche. Les critiques portent sur l’absence de consultation préalable : ni les partis politiques ni les organisations de la société civile n’auraient été associés à la rédaction du texte, dont les promoteurs n’auraient pas réuni les conditions d’un débat libre. Plusieurs formations ont appelé au boycott, estimant que la réforme affaiblit la représentation parlementaire.

L’histoire politique du pays donne à ce débat une résonance particulière. Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a connu une succession de coups d’État et de tentatives de coups d’État qui en ont fait l’un des États les plus instables du continent. Le régime semi-parlementaire, souvent décrit comme une source de blocages entre présidence et gouvernement, sert d’argument central aux partisans de la révision.

Les résultats provisoires sont attendus mardi.

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