Le lac Ontario rebaptisé par décret, nouvel épisode du bras de fer entre Washington et Ottawa

Par LNT
lac-Ontario

Le président américain a signé le 27 août à la Maison-Blanche un décret renommant le lac Ontario en « Lake America », traduit en français par « lac Amérique ». Le plan d’eau, d’une superficie de 18 960 kilomètres carrés dont environ 10 000 situés en territoire canadien, est bordé au nord par la province d’Ontario et au sud par l’État de New York. Mark Carney a répliqué que « ce lac se nomme lac Ontario, aujourd’hui et pour toujours ».

Donald Trump affirme que toutes les formalités ont été accomplies et que les parties concernées ont été notifiées, l’entrée en vigueur étant selon lui immédiate.

Il justifie la mesure par la continuité avec le renommage antérieur du golfe du Mexique en golfe de l’Amérique, en déclarant : « Nous avons un golfe, maintenant un lac, il ne manque qu’un océan », allusion à un possible changement de dénomination de l’Atlantique ou du Pacifique.

La portée juridique du décret reste incertaine. Il n’est pas établi que le président dispose de l’autorité nécessaire pour renommer un plan d’eau partagé entre deux États souverains. Un décret présidentiel américain s’impose aux administrations fédérales des États-Unis, qui devront employer la nouvelle appellation dans leurs documents et leurs bases de données. Il n’a en revanche aucun effet sur la cartographie canadienne, ni sur les usages internationaux, la dénomination d’un bien frontalier relevant d’accords bilatéraux et de pratiques établies.

La gestion du lac Ontario relève d’ailleurs de mécanismes bilatéraux anciens, dont la Commission mixte internationale créée en 1909 et chargée des eaux frontalières entre les deux pays.

Du côté canadien, la réponse a été immédiate. Outre la formule de Mark Carney, la ministre Mélanie Joly a annoncé des mesures de réciprocité.

Le soutien américain n’est pas unanime. Le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum a apporté son appui à la mesure, tandis que les gouverneurs du Vermont et du Maine l’ont jugée contre-productive au regard des négociations commerciales.

Le geste intervient au terme d’une semaine d’escalade. Mark Carney a mis fin vendredi aux négociations commerciales, en dénonçant des conditions injustes, et Ottawa appliquera à compter du 8 septembre des surtaxes de 15, 25 ou 50% sur des produits américains couvrant l’acier, les produits laitiers, les équipements agricoles, l’industrie papetière, l’électronique et l’électroménager.

Les premières surtaxes américaines portaient sur 20 milliards de dollars d’importations canadiennes, avant l’annonce d’un relèvement de 25 à 50% des droits sur l’automobile au 1er janvier. Le gouvernement canadien a débloqué un plan de soutien de 7,5 milliards de dollars canadiens, et sa décision de rompre les pourparlers recueille 76% d’opinions favorables.

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