L’exécution des budgets des collectivités territoriales fait ressortir un excédent global de 8,25 milliards de dirhams à fin juin 2026. Un solde positif qui, dans le cas des finances locales, traduit moins une bonne gestion qu’une sous-consommation des crédits d’investissement.
Le chiffre marque une progression continue au fil de l’exercice. L’excédent s’établissait à 6,55 milliards de dirhams puis à 7,3 milliards de dirhams à fin mai, avant d’atteindre 8,25 milliards à la clôture du premier semestre.
La lecture de ce solde diffère de celle d’un budget d’État. Une collectivité n’a pas vocation à dégager un excédent : ses recettes, largement constituées de transferts fiscaux, sont destinées à financer des équipements de proximité, voirie, assainissement, éclairage public, équipements sportifs et culturels. Un solde positif significatif signale donc principalement que les projets programmés n’ont pas été engagés dans les délais prévus.
Les causes de cette sous-exécution sont documentées de longue date : lenteur des procédures de passation des marchés, insuffisance des capacités techniques de maîtrise d’ouvrage dans les petites communes, difficultés de mobilisation du foncier et complexité des circuits d’autorisation.
Ce constat prend un relief particulier dans une séquence de réformes visant précisément à réduire ces frictions. Les lois 64.23 et 34.21 sur l’urbanisme, publiées au Bulletin officiel du 10 août, créent une agence régionale d’urbanisme et d’habitat par région et instaurent un point de dépôt unifié pour les opérations dépassant 400 hectares. Le décret sur les Centres régionaux d’investissement, publié le 30 juillet, met en place deux instances de recours pour les investisseurs.
Le sujet croise également le débat électoral. Le programme de développement territorial mobilise 210 milliards de dirhams sur huit ans, dont l’efficacité dépendra de la capacité des échelons locaux à transformer des crédits ouverts en équipements livrés.
LNT