Un robot humanoïde chinois a couru le 100 mètres plus vite que le record du monde d’Usain Bolt, samedi 22 août, lors des World Humanoid Robot Games organisés à Pékin. La performance, réalisée hors de toute compétition humaine, marque un jalon symbolique dans la course technologique engagée autour de la robotique bipède.
Le record humain du 100 mètres, établi par le sprinteur jamaïcain en 9 secondes 58 lors des championnats du monde de Berlin en 2009, reste inégalé depuis dix-sept ans.
La comparaison a valeur d’indicateur plus que de compétition. Un robot ne concourt pas dans la même catégorie qu’un athlète : il n’est soumis ni aux mêmes contraintes physiologiques, ni aux mêmes règles, et sa performance dépend de la motorisation, de l’alimentation électrique et des algorithmes d’équilibre autant que de la conception mécanique.
L’enjeu réel se situe ailleurs. La locomotion bipède à grande vitesse constitue l’un des problèmes les plus difficiles de la robotique, en raison de la gestion de l’équilibre dynamique, de la restitution d’énergie et de la résistance des articulations aux contraintes répétées.
Les progrès accomplis dans ce domaine conditionnent des applications industrielles et logistiques, dans des environnements conçus pour des humains et donc difficilement accessibles aux robots à roues ou à chenilles.
L’organisation de ces jeux à Pékin s’inscrit dans une stratégie industrielle assumée. La Chine a fait de la robotique humanoïde l’un de ses axes prioritaires, avec des programmes de soutien public à la production de composants, d’actionneurs et de systèmes de commande.
Le secteur reste toutefois éloigné d’un déploiement de masse, les coûts unitaires, l’autonomie énergétique et la fiabilité en conditions réelles constituant les principaux obstacles.
LNT
