Iran : Washington menace quiconque tendra une « bouée de sauvetage » à Téhéran

Par LNT
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Donald Trump promet « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise » contre les pays qui aideraient l’Iran, sans citer aucun État ni détailler les mesures. Les Émirats arabes unis, longtemps premier partenaire commercial de Téhéran, ont suspendu leurs échanges après l’incident balistique du 18 août. Ormuz reste verrouillé.

L’escalade rhétorique s’est poursuivie d’un cran. Après avoir constaté la veille qu’« aucune conversation ni discussion » n’était en cours avec Téhéran, le président américain a annoncé une guerre économique visant non plus seulement l’Iran, mais tous ceux qui commerceraient avec lui.

Une menace sans cible nommée

Donald Trump a promis « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise » contre quiconque fournirait une « bouée de sauvetage » à la République islamique, en visant explicitement la contrebande de pétrole, les échanges de devises et les transferts de liquidités.

L’annonce reste toutefois délibérément vague : aucun pays n’est cité, aucune mesure ni aucun régime de sanctions n’est détaillé. Une imprécision qui peut relever de la tactique — laisser planer l’incertitude sur les acheteurs potentiels de brut iranien — autant que de l’absence d’un dispositif finalisé.

Elle prolonge la déclaration du secrétaire au Trésor Scott Bessent, qui avait promis la semaine précédente un isolement économique « comme le monde n’en a jamais vu ».

Les Émirats ont déjà coupé

Un précédent concret existe pourtant. Les Émirats arabes unis, longtemps l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Iran et plaque tournante historique de ses réexportations, ont suspendu leurs échanges avec Téhéran à la suite de l’incident balistique du 18 août, qui avait déclenché une alerte aux missiles sur leur territoire.

Une décision lourde de conséquences pour l’économie iranienne, dont une part significative des importations transitait par Dubaï.

Ormuz : le bras de fer se déplace sur les péages

Sur le détroit, verrouillé depuis février 2026, la négociation s’est déplacée sur un terrain inattendu. L’Iran entend imposer des frais de navigation aux navires empruntant le passage, ce que les États-Unis et plusieurs pays de la région refusent.

Téhéran dément par ailleurs les accusations de tirs balistiques et exige que Washington honore les engagements du protocole d’accord de juin avant toute réouverture.

Six mois de blocage et une facture mondiale

Le conflit ouvert en février entre dans son septième mois sans perspective de règlement. Le coût s’en mesure partout ailleurs qu’au Moyen-Orient : hausse des cours des produits raffinés, tensions inflationnistes dans les pays importateurs nets, et arbitrages budgétaires contraints.

Le Maroc a vu sa facture énergétique bondir de 28,9% au premier semestre 2026, contribuant à un déficit commercial en hausse de 23,5%. Au Sénégal, le gouvernement a relevé les prix à la pompe le 15 août. Sur le marché marocain, le gasoil a enchaîné trois hausses depuis la mi-juillet, rejoignant l’essence autour de 14,95 dirhams le litre.

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