Auto-entrepreneur : la règle des 80 000 dirhams qui fait sortir du statut

Par LNT
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La Direction générale des impôts a actualisé son guide 2026 du régime de l’auto-entrepreneur. Plafonds de chiffre d’affaires, taux d’imposition, couverture sociale, obligations déclaratives : le texte rappelle les avantages d’un statut conçu pour faciliter l’activité indépendante, mais aussi les limites à connaître avant de s’y engager. Au premier rang, le seuil de 80 000 dirhams par client unique.

Le régime de l’auto-entrepreneur, créé pour offrir un cadre simple aux indépendants et contribuer à la formalisation de l’économie, fait l’objet d’une mise à jour annuelle de son guide fiscal par la Direction générale des impôts. L’édition 2026 précise les conditions d’accès, les taux applicables et, surtout, les cas de sortie du dispositif.

Le verrou anti-salariat déguisé

La disposition la plus structurante concerne la concentration du chiffre d’affaires. Les revenus perçus d’un client unique ne peuvent excéder 80 000 dirhams. Au-delà, le régime cesse de s’appliquer à la fraction concernée.

L’intention du législateur est explicite : empêcher que le statut ne serve à requalifier une relation de travail salariée en prestation indépendante, montage qui priverait le salarié de ses protections tout en allégeant les charges de l’employeur. Le seuil agit comme un garde-fou contre cette dérive, observée dans plusieurs pays ayant créé des statuts comparables.

Ce que le guide couvre

Le document de la DGI détaille les plafonds de chiffre d’affaires conditionnant le maintien du statut, les taux d’imposition applicables selon la nature de l’activité, les obligations déclaratives et les conditions de radiation. Il précise également le volet couverture sociale, l’auto-entrepreneur inscrit relevant du dispositif de protection sociale en cours de généralisation.

Un statut au croisement de plusieurs politiques publiques

Le régime occupe une position charnière dans la stratégie économique du Royaume. Il constitue l’un des outils de la formalisation d’une économie où le travail non déclaré reste significatif, et l’une des portes d’entrée vers l’entrepreneuriat pour les jeunes diplômés.

Cette seconde dimension prend un relief particulier alors que l’Organisation internationale du travail situe le chômage des jeunes en Afrique du Nord à 22,6%, deuxième taux régional mondial, et que la question de l’emploi domine la campagne des législatives du 23 septembre.

Le gouvernement vient par ailleurs d’introduire, par décret du 30 juillet, une prime transitoire destinée aux bénéficiaires de l’Aide sociale directe accédant à un emploi déclaré. Deux dispositifs distincts, mais un même objectif : réduire le coût du passage vers l’activité formelle.

Les limites du modèle

Reste que le statut ne résout pas tout. Il ne donne pas accès au crédit bancaire dans les mêmes conditions qu’une société constituée, offre une protection sociale plus légère que le salariat, et expose l’indépendant à l’irrégularité de ses revenus. Autant de paramètres que le guide de la DGI invite précisément à mesurer avant de s’engager.

LNT

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