Un important dispositif humain et aérien a été déployé depuis mercredi matin pour circonscrire l’incendie de la forêt de Tazaout, dans la province de Chefchaouen. Protection civile, Eaux et Forêts, Promotion nationale et Forces auxiliaires totalisent 151 agents sur le terrain, appuyés par des rotations d’avions bombardiers d’eau. Le Maroc a franchi cette année la barre des 4 000 hectares brûlés.
Les autorités poursuivaient jeudi leurs efforts pour maîtriser l’incendie déclaré mercredi matin dans la forêt de Tazaout, province de Chefchaouen. Le dispositif engagé traduit la sensibilité du massif, situé dans une région forestière parmi les plus denses du Royaume.
Un dispositif interservices
Le déploiement mobilise 26 membres de la Protection civile, 42 agents des Eaux et Forêts, 50 éléments de la Promotion nationale et 33 membres des Forces auxiliaires, soit 151 hommes, auxquels s’ajoutent les autorités locales, la Gendarmerie royale et des volontaires venus de la région.
L’appui aérien a été activé, des avions spécialisés effectuant plusieurs rotations pour cibler les foyers actifs. Une intervention indispensable dans un relief accidenté où la progression des équipes au sol reste lente.
4 133 hectares brûlés depuis janvier
L’incendie s’inscrit dans un bilan national déjà lourd. Depuis le début de l’année 2026, 4 133 hectares, soit 41,33 kilomètres carrés, ont été ravagés par les feux au Maroc.
Un chiffre à relativiser au regard des bilans européens de l’été, mais qui pèse différemment dans un pays où le couvert forestier est structurellement limité et où chaque hectare perdu se reconstitue lentement.
Le Rif, zone la plus exposée
La région de Chefchaouen concentre depuis plusieurs années une part significative des départs de feu. La combinaison est connue : topographie difficile, faible humidité, températures élevées et rafales de vent qui compliquent la lutte. S’y ajoute le chergui, vent chaud et sec venu du Sahara, dont les épisodes accélèrent brutalement la propagation.
Les conséquences dépassent le domaine forestier. Les incendies du Nord touchent régulièrement des exploitations agricoles et des troupeaux, avec des pertes qui frappent des ménages ruraux disposant de peu d’alternatives économiques.
Un paradoxe hydrique
Le sinistre survient dans une année pourtant marquée par un retournement de la situation hydrique. Les ressources en eau disponibles atteignaient 11,8 milliards de mètres cubes en février 2026, après sept années de sécheresse. Mais une bonne saison des pluies produit un effet ambivalent sur le risque incendie : elle favorise le développement de la strate herbacée au printemps, laquelle se dessèche en été et constitue un combustible fin particulièrement inflammable.
LNT