Le dirham se raffermit face à l’euro

Par LNT
dirham changes

La monnaie marocaine s’est appréciée de 0,4% face à l’euro entre mai et juin 2026, selon Bank Al-Maghrib. Un mouvement modeste mais qui intervient dans une conjoncture où chaque point de change pèse sur une facture d’importation en forte hausse.

Bank Al-Maghrib a fait état d’une appréciation du dirham de 0,4% face à l’euro sur la période allant de mai à juin 2026. Un ajustement de faible ampleur en apparence, mais dont les effets se diffusent mécaniquement dans une économie où les échanges avec la zone euro constituent l’essentiel du commerce extérieur.

Un régime de flottement encadré

Le dirham évolue depuis 2018 dans un régime de flottement à bande élargie, adossé à un panier composé de l’euro à hauteur de 60% et du dollar à 40%. La bande de fluctuation autorisée a été progressivement élargie, dernière étape d’une libéralisation graduelle menée par la banque centrale.

Dans ce cadre, les mouvements du dirham reflètent à la fois la parité euro-dollar sur les marchés internationaux et l’équilibre entre offre et demande de devises sur le marché des changes marocain, lui-même alimenté par les recettes touristiques, les transferts des Marocains résidant à l’étranger et les flux d’investissement.

Un effet direct sur la facture d’importation

L’appréciation, même limitée, arrive à un moment où elle n’est pas de trop. Les importations marocaines ont bondi de 15,3% au premier semestre 2026, à 458,77 milliards de dirhams, tirées notamment par une facture énergétique en hausse de 28,9%. Un dirham plus fort réduit mécaniquement le coût en monnaie locale de ces achats libellés en devises.

Le déficit commercial s’est creusé de 23,5% sur la même période, à 198,38 milliards de dirhams, et le taux de couverture est tombé à 56,8%, son plus bas niveau depuis 2018. Dans cette équation, la parité du dirham constitue l’un des rares paramètres susceptibles d’amortir le choc à court terme.

Le revers pour les exportateurs

L’effet est symétriquement défavorable aux exportateurs. Un dirham plus fort renchérit les produits marocains sur les marchés européens, principal débouché des filières automobile, aéronautique, textile et agroalimentaire. Le textile et le cuir, déjà en repli de 6,5% au premier semestre, figurent parmi les secteurs les plus sensibles à ce type de variation, leurs marges étant structurellement plus étroites que celles de l’automobile.

Une variable à suivre avec l’inflation

Pour Bank Al-Maghrib, le taux de change constitue également un canal de transmission de l’inflation importée. L’institution prévoit une inflation moyenne de 1,5% en 2026, avant 2,1% en 2027. Un dirham qui se raffermit contribue à contenir la première composante de cette trajectoire, celle des prix des biens importés, dans un contexte international marqué par la volatilité des cours énergétiques depuis février 2026.

 

LNT

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