Ce contraceptif masculin pourrait fonctionner « à la demande » — comme un interrupteur

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Et si, dans le futur, un homme pouvait prendre un contraceptif uniquement lorsqu’il en a besoin, puis retrouver rapidement sa fertilité après l’arrêt ?

Ça paraît presque futuriste.

Mais des chercheurs travaillent réellement sur cette idée.

Le concept le plus intéressant actuellement repose sur une molécule qui cible une protéine appelée sAC, présente notamment dans les spermatozoïdes. L’objectif n’est pas de stopper leur production pendant des semaines ou des mois, mais de bloquer temporairement leur mobilité.

Et c’est là que le concept devient complètement différent des autres contraceptifs masculins en développement.

Normalement, pour rendre un homme temporairement infertile, il faut agir sur la production des spermatozoïdes.

Le problème ?

Ça prend du temps.

Et lorsqu’on arrête le traitement, il faut également attendre que la production normale reprenne.

Avec un inhibiteur de sAC, l’idée est différente :

les spermatozoïdes sont déjà là, mais on empêche temporairement leur fonctionnement normal.

Dans des expériences chez la souris, un candidat expérimental appelé TDI-11861 a rendu les spermatozoïdes immobiles et les mâles temporairement infertiles.

Puis, environ 24 heures après le traitement, la fertilité était revenue.

Et c’est exactement ce que signifie le fameux concept de contraceptif « on demand ».

Tu ne prends pas nécessairement quelque chose tous les jours pendant des mois.

L’objectif serait plutôt :

prise du médicament → effet contraceptif → arrêt → retour rapide de la fertilité.

Mais attention.

Ce produit n’est pas encore disponible pour le public.

Les résultats les plus impressionnants concernant l’effet « interrupteur » viennent pour l’instant principalement d’études précliniques chez l’animal.

Chez l’humain, plusieurs approches sont encore en développement.

Par exemple, YCT-529, un contraceptif masculin oral non hormonal, a déjà franchi les premières étapes d’essais cliniques. Il agit sur un mécanisme différent, en ciblant le récepteur de l’acide rétinoïque alpha et en réduisant la production de spermatozoïdes.

Une étude de phase 1 chez 16 hommes n’a pas montré d’effet sur la testostérone, les hormones étudiées, le désir sexuel ou l’humeur après des doses uniques allant jusqu’à 180 mg. Mais cela ne signifie évidemment pas que le produit est déjà considéré comme un contraceptif efficace et commercialisable.

YCT-529 fait encore l’objet d’études cliniques plus longues visant notamment à évaluer sa sécurité, sa tolérance et son effet sur la fertilité.

Et c’est important de faire cette distinction.

« Ça fonctionne chez la souris » n’est pas la même chose que « c’est prêt pour les humains ».

Avant de pouvoir utiliser ce type de contraception dans la vie réelle, il faut démontrer son efficacité, sa sécurité, sa réversibilité et son absence d’effets indésirables importants sur le long terme.

Mais pourquoi cette recherche est-elle aussi intéressante ?

Parce que les options contraceptives masculines restent relativement limitées.

Aujourd’hui, les principales solutions réversibles reposent essentiellement sur les préservatifs ou la vasectomie, cette dernière étant généralement considérée comme une méthode permanente.

Une contraception masculine temporaire, fiable et réversible pourrait donc donner aux hommes une nouvelle possibilité de participer directement à la gestion de la contraception du couple.

Et ça pourrait aussi changer une conversation qui existe depuis des décennies :

Pourquoi la contraception temporaire repose-t-elle autant sur les femmes ?

Si une pilule masculine sûre et réversible arrive réellement sur le marché…

La dynamique pourrait changer.

Mais pour l’instant, pas question de courir chez le pharmacien.

Ce contraceptif n’existe pas encore comme option disponible au quotidien.

On est encore dans la recherche et les essais cliniques.

Mais si les chercheurs réussissent à transformer le concept de « contraception à la demande » en traitement sûr chez l’humain…

On pourrait assister à l’une des plus grandes évolutions de la contraception masculine depuis des décennies.

Un comprimé.

Un effet temporaire.

Et potentiellement la fertilité qui revient après l’arrêt.

Le futur de la contraception masculine pourrait finalement ressembler beaucoup plus à un interrupteur…

qu’à un traitement permanent.

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