Le groupe d’ingénierie KBR a été retenu pour les études de pré-conception du complexe d’ammoniac vert d’ORNX Green Hydrogen dans la région de Laâyoune. Le projet cible 560 000 tonnes annuelles, adossées à près de 900 mégawatts d’électrolyseurs. L’agence américaine USTDA finance la phase d’études à hauteur de 5,7 millions de dollars.
L’Offre Maroc dédiée à l’hydrogène vert franchit une étape d’ingénierie concrète. ORNX Green Hydrogen a confié au groupe américain KBR les études de pré-conception technique (Pre-FEED) de son complexe de production d’ammoniac vert dans la région de Laâyoune, au Sahara marocain.
Un objectif de 560 000 tonnes et 900 MW d’électrolyse
Les paramètres du projet situent son ambition. La production cible est fixée à 560 000 tonnes d’ammoniac vert par an, adossée à une capacité d’électrolyseurs de près de 900 mégawatts. L’ensemble reposera sur une plateforme intégrée articulant trois maillons : captation de l’énergie solaire et éolienne, dissociation de l’eau par électrolyse, puis synthèse de l’ammoniac.
Un consortium technique de premier plan
KBR ne travaille pas seul. Le groupe, qui revendique une expertise forgée sur plus de 260 projets d’ammoniac à l’échelle mondiale, s’appuie sur un consortium associant GE Vernova, Electric Hydrogen et Terabase — respectivement pour l’ingénierie des réseaux électriques, les électrolyseurs et la modélisation solaire. Une combinaison qui reflète la complexité du montage : un projet de cette nature suppose de synchroniser une production électrique intermittente avec un procédé chimique en continu.
L’objectif du Pre-FEED : dérisquer avant d’engager les milliards
La phase confiée à KBR n’est pas la construction, mais l’étude qui la précède. Son objet est de réduire au maximum les risques techniques, économiques et commerciaux avant d’engager les sommes considérables que requiert un tel complexe. C’est à ce stade que se déterminent la bancabilité du projet et la crédibilité de son modèle économique.
Un financement américain qui vaut signal politique
Fait notable : la U.S. Trade and Development Agency a accordé 5,7 millions de dollars pour financer cette phase de Pre-FEED. Au-delà du montant, modeste au regard du coût total anticipé, l’implication d’une agence fédérale américaine dans un projet localisé au Sahara marocain constitue un signal politique que les observateurs ne manqueront pas de relever.
Des débouchés à l’export sur trois marchés
Les usages visés sont triples : engrais décarbonés — un débouché naturel compte tenu de la position du Maroc dans les phosphates —, carburant pour le transport maritime, et vecteur de stockage d’énergie. Trois segments orientés vers les marchés d’exportation mondiaux, en particulier européens et asiatiques, où les réglementations de décarbonation créent une demande solvable.
Le calendrier, principale inconnue
Aucun calendrier officiel n’a en revanche été arrêté pour le démarrage de la construction. Une prudence caractéristique du secteur : à l’échelle mondiale, une part importante des projets d’hydrogène vert annoncés ces dernières années n’a pas franchi le cap de la décision finale d’investissement, faute de contrats d’achat de long terme suffisamment sécurisants. La proximité d’infrastructures portuaires modernes constitue toutefois, pour le site de Laâyoune, un atout logistique déterminant.
LNT