Financement de l’habitat : la Mourabaha immobilière atteint 31,5 milliards de dirhams

Par LNT
mourabaha

L’encours de la Mourabaha immobilière s’établit à 31,5 milliards de dirhams à fin juin 2026, en hausse de 16,7% sur un an. La finance participative a pratiquement doublé son encours en trente mois, dans un marché où le crédit immobilier conventionnel stagne autour de 3% de croissance.

Le contraste est saisissant. Alors que le crédit à l’habitat classique progresse péniblement autour de 3%, la Mourabaha immobilière affiche une dynamique sans équivalent dans le paysage bancaire marocain. À fin juin 2026, son encours atteint 31,5 milliards de dirhams, en progression de 16,7% sur douze mois — et pratiquement doublé en trente mois.

Une progression mensuelle régulière

La trajectoire ne doit rien à un effet ponctuel. Les jalons de l’année 2026 dessinent une pente régulière : 30,4 milliards de dirhams en février, 31 milliards en avril, 31,3 milliards en mai, 31,5 milliards en juin. Cette régularité traduit une demande de fond plutôt qu’un pic conjoncturel lié à une opération commerciale ou à un ajustement réglementaire.

Le pilier quasi exclusif de la finance participative

La Mourabaha capte à elle seule 99% des financements participatifs distribués au Maroc et représente plus des trois quarts du portefeuille global du secteur. Une concentration qui constitue à la fois une force — le produit a trouvé son marché — et une fragilité : le modèle repose sur un seul instrument, essentiellement adossé à l’immobilier, ce qui limite la diversification du risque et l’élargissement de l’offre à d’autres besoins de financement.

Un secteur devenu profitable

Le secteur participatif marocain affiche par ailleurs des signes de maturité financière. Son bilan cumulé atteignait 48,6 milliards de dirhams à fin 2025, avec plus de 200 agences physiques déployées sur le territoire et près de 300 000 comptes clients gérés. Surtout, le résultat net agrégé du secteur a plus que doublé en 2025, pour s’établir à 199 millions de dirhams — franchissant un cap symbolique après plusieurs années de montée en charge coûteuse.

Le talon d’Achille : la collecte de dépôts

Reste un défi central, régulièrement souligné par les analystes du secteur : l’écart croissant entre les financements accordés et les dépôts collectés. Les banques participatives distribuent nettement plus qu’elles ne collectent, ce qui les rend structurellement dépendantes de ressources externes — Wakala Bil Istithmar auprès des banques mères, notamment. Une asymétrie qui pèse sur les marges et sur la capacité du secteur à soutenir durablement son rythme de croissance.

Un signal pour le marché immobilier

Pour le secteur immobilier marocain, cette dynamique constitue une source de financement précieuse dans un environnement où le crédit conventionnel reste atone. Elle intervient dans un contexte de réforme du cadre de l’urbanisme et de poursuite des dispositifs d’aide directe au logement — trois éléments dont la combinaison pourrait redonner du souffle à un marché longtemps décrit comme grippé.

 

LNT

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