Liban : sept morts dans une frappe israélienne, le bilan le plus lourd depuis l’accord de juin

Par LNT
guerre liban

Une frappe aérienne israélienne a visé samedi matin le village d’Ansar, dans le sud du Liban, tuant sept personnes et en blessant trois autres. C’est le bilan le plus meurtrier enregistré depuis l’accord-cadre conclu en juin dernier.

La trêve fragile qui prévaut au Liban-Sud depuis deux mois a été sérieusement écornée ce samedi 15 août. Selon l’Agence nationale de l’information libanaise, une frappe aérienne israélienne a détruit une habitation dans le village d’Ansar, faisant sept morts et trois blessés. Il s’agit du bilan le plus lourd enregistré depuis la signature, en juin, de l’accord-cadre censé mettre un terme aux hostilités.

Des frappes d’une profondeur inédite depuis le cessez-le-feu

L’opération israélienne ne s’est pas limitée à Ansar. Selon les sources libanaises, l’aviation a également visé la vallée située entre Ansar et Zarariyeh — une première à une telle profondeur depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a deux mois. Des tirs ont par ailleurs ciblé la crête stratégique d’Ali al-Taher, près de Nabatiyé, ainsi que la ville de Bint Jbeil, où plusieurs habitations ont été détruites.

Cette extension géographique des frappes inquiète les observateurs, qui y voient le signe d’un durcissement de la posture israélienne au-delà de la seule bande frontalière.

Un accord de juin sous tension permanente

L’accord-cadre signé en juin repose sur trois piliers : le désarmement du Hezbollah, le retrait israélien du sud du Liban et le déploiement de l’armée libanaise sur l’ensemble du territoire méridional. Depuis sa signature, sa mise en œuvre progresse difficilement. Le Hezbollah dénonce régulièrement le texte, qu’il juge attentatoire à sa capacité de résistance, tandis qu’Israël invoque des manquements côté libanais pour justifier la poursuite de ses opérations aériennes.

Plus de 4 300 morts depuis mars

Au total, les autorités libanaises font état de plus de 4 300 décès depuis le début des opérations israéliennes en mars. Un bilan qui pèse lourdement sur un pays déjà fragilisé par des années de crise économique, monétaire et institutionnelle, et dont la reconstruction des régions du Sud reste largement à financer.

Une équation régionale toujours ouverte

Cette escalade intervient dans un contexte régional lui-même sous forte tension, marqué par la crise irano-américaine et la mise en place laborieuse d’un dispositif de stabilisation à Gaza — auquel le Maroc participe à travers un contingent des Forces armées royales. Chaque incident au Liban-Sud fait peser un risque de contagion sur un équilibre régional que la diplomatie internationale peine à consolider.

 

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