Prix des médicaments : le Maroc adopte sa première réforme de la tarification en 13 ans

Par LNT
médicaments Maroc

Un décret publié le 23 juillet 2026 refond les règles de fixation des prix des médicaments au Maroc, treize ans après le cadre de 2013. Révision triennale automatique, marges d’importation réduites, mécanisme anti-pénurie : le texte redéfinit en profondeur l’équilibre entre accessibilité des soins et sécurité de l’approvisionnement.**

Après plusieurs années d’attente et de concertation, le gouvernement a acté une réforme structurelle de la tarification pharmaceutique. Le décret n° 2.25.631, publié le 23 juillet 2026, modifie le cadre en vigueur depuis 2013 et a été élaboré en concertation avec la commission interministérielle des prix, l’Agence marocaine des médicaments, le Conseil de la concurrence et les autorités sanitaires.

Une révision automatique tous les trois ans

Principale innovation du texte : les prix des médicaments de marque seront désormais réexaminés automatiquement tous les trois ans, selon deux méthodes distinctes en fonction du niveau de prix. Pour les médicaments dont le prix dépasse 300 dirhams, la comparaison se fera avec les prix les plus bas observés dans les pays de référence. Pour ceux dont le prix est égal ou inférieur à 300 dirhams, c’est la moyenne des prix pratiqués dans ces mêmes pays qui servira de base de calcul.

Les génériques et biosimilaires ne sont pas épargnés par la mécanique : ils seront révisés selon le même taux de baisse que leur princeps de référence, avec un plafond fixé à 15%, tout en garantissant qu’ils ne pourront jamais dépasser le prix du médicament original.

Des marges d’importation resserrées

Le décret revoit également les modalités de calcul applicables aux médicaments importés, en s’appuyant sur le cours moyen de la devise sur trois mois publié par Bank Al-Maghrib. La marge additionnelle pour frais d’approche, longtemps fixée à 10%, est ramenée à 2,5%, un ajustement qui devrait mécaniquement peser sur le prix public de nombreuses spécialités importées.

Un nouvel article pour sécuriser l’approvisionnement

Au-delà de la seule question du prix, la réforme introduit un article 22 ter destiné à répondre aux épisodes de pénurie ou aux situations d’urgence sanitaire. Ce mécanisme permet aux autorités d’ajuster temporairement les prix lorsque l’approvisionnement du marché est menacé, actant un changement de philosophie : le prix n’est plus envisagé uniquement sous l’angle de son niveau, mais aussi comme un levier pour garantir la disponibilité des produits.

Douze mois pour se mettre en conformité

Les laboratoires et distributeurs disposent d’un délai de douze mois à compter de la publication du décret pour procéder à la révision des prix des médicaments déjà commercialisés, les nouveaux tarifs devant être appliqués dans les 60 jours suivant leur annonce officielle. Le secteur pharmaceutique, qui avait plaidé pour davantage de visibilité réglementaire, entre ainsi dans une nouvelle phase, avec en toile de fond l’objectif gouvernemental d’alléger la facture santé des ménages marocains.

 

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