Pourquoi tout le monde parle de la mauvaise reputation de l’ENCG : L’EXCELLENCE SUR LE PROSPECTUS, LE CHAOS DANS LES COULISSES ?

societé

Les ENCG marocaines.

Grandes écoles.

Concours sélectifs.

Diplômes prestigieux.

Management, finance, stratégie, leadership…

Bref, sur le papier, tout respire l’excellence.

Mais il y a un petit détail.

Une grande école, ce n’est pas seulement savoir apprendre aux étudiants comment gérer une entreprise.

C’est aussi savoir gérer…

sa propre maison.

Et quand on regarde certaines affaires qui ont touché les ENCG ces dernières années, on peut légitimement se demander si le cours de gestion administrative n’a pas été séché.

Parce qu’entre conflits internes, accusations de dysfonctionnements, enquêtes, affaires de harcèlement et maintenant des problèmes de délivrance de diplômes…

ça commence à faire beaucoup pour des établissements qui enseignent justement la rigueur et la gouvernance.


PREMIER ÉPISODE : CASABLANCA

On commence à Casablanca.

En 2022, un conflit ouvert oppose une partie du corps enseignant à la direction de l’ENCG Casablanca.

Les enseignants accusent alors la direction de décisions qu’ils qualifient d’unilatérales et illégales, évoquent des violations de leurs droits et demandent au ministère d’intervenir.

Et le plus intéressant ?

Certains enseignants affirmaient que des rémunérations importantes n’étaient pas versées.

On parle, selon les éléments rapportés à l’époque, de sommes allant de 10 000 à plus de 70 000 dirhams pour certains professeurs.

Les enseignants contestent également la gestion de certaines élections internes et accusent la direction d’intervenir dans des processus pédagogiques.

Et comme si tout ça ne suffisait pas…

une grève de quatre semaines.

Oui.

Quatre semaines.

Dans une école où l’on apprend aux étudiants à optimiser les ressources, planifier, anticiper et gérer les risques.

Apparemment, pour la gestion du conflit interne…

le PowerPoint a buggué.


DEUXIÈME ACTE : ÇA CONTINUE

En 2023, le conflit n’est toujours pas terminé.

TelQuel rapporte alors des rémunérations non versées, des résultats de concours contestés et des accusations persistantes entre une partie des enseignants et la direction.

Et en 2024, nouveau niveau.

Des enseignants dénoncent l’existence d’un PV qu’ils qualifient de falsifié, concernant notamment la validation de projets de masters.

Encore une fois :

attention, on parle d’accusations rapportées publiquement, pas d’une condamnation judiciaire définitive.

Mais le simple fait que des membres d’un établissement contestent publiquement l’authenticité de documents censés formaliser les décisions de l’école…

ce n’est pas exactement le genre de storytelling qu’on met sur une brochure d’excellence.

LeBrief rapporte ensuite l’existence d’une enquête autour de l’établissement, dans un contexte de plaintes, tensions et accusations portant sur différents aspects de la gouvernance. La direction concernée a, de son côté, contesté les accusations et présenté sa propre version.

Donc non, on ne va pas déclarer des gens coupables à la place de la justice.

Mais on peut poser une question très simple :

Pourquoi une école censée former les futurs managers accumule-t-elle autant de conflits autour de sa propre gestion ?


ET PUIS, IL Y A OUJDA

Décembre 2021.

L’ENCG Oujda se retrouve au cœur d’une affaire de harcèlement et de chantage sexuel impliquant un professeur et des étudiantes.

Des échanges diffusés sur les réseaux sociaux déclenchent un scandale.

Une enquête du ministère est ouverte.

Le professeur mis en cause est suspendu.

Et les autorités prennent également des mesures contre plusieurs responsables de l’établissement.

Le ministère va même jusqu’à demander au directeur de l’établissement de présenter sa démission, tandis que plusieurs responsables sont relevés de leurs fonctions.

Et là, impossible de sortir la formule magique :

« Ce n’est qu’un cas isolé. »

Peut-être.

Mais quand les mêmes réseaux d’écoles connaissent, à différents endroits, des crises aussi lourdes…

la question de la gouvernance mérite au minimum d’être posée.


ET MAINTENANT : SETTAT

Parce que c’est ici que les choses deviennent particulièrement intéressantes.

En 2022, l’ENCG Settat a elle aussi été confrontée à une controverse autour d’un concours de recrutement.

Hespress rapporte que des suspicions concernant le recrutement d’un professeur-assistant ont conduit à l’ouverture d’une enquête interne.

Deux membres du jury se seraient retirés avant la date prévue du concours, ce qui avait suscité des interrogations et déclenché l’intervention du ministère.

Encore une fois :

on ne dit pas qu’un recrutement frauduleux a été prouvé.

On dit qu’un concours jugé suspect a suffisamment interrogé les autorités pour qu’une enquête soit ouverte.

Nuance importante.

Parce qu’être journaliste, ce n’est pas remplacer la justice.

C’est poser les questions que tout le monde préfère parfois éviter.


ET VOILÀ LE DIPLOME

Mais aujourd’hui, le problème le plus concret pour les étudiants est peut-être beaucoup plus banal.

Et donc beaucoup plus absurde.

Le diplôme.

L’ENCG Settat a publié elle-même un avis concernant les diplômes de lauréats en mobilité internationale des promotions antérieures à 2024-2025.

L’école indique avoir délivré plus de 300 diplômes, tout en précisant que certains dossiers demeuraient encore en cours de traitement administratif et de vérification.

Une procédure spécifique a même été mise en place pour tenter de régulariser les situations encore en attente.

Donc oui :

le problème des diplômes en attente est officiellement documenté par l’établissement lui-même.

Et c’est ici que la situation devient franchement surréaliste.

Parce que pour certains étudiants concernés aujourd’hui, le parcours ressemble à ceci :

Tu termines tes études.

Tu dois régulariser ton dossier.

On te demande des justificatifs.

Tu les fournis.

Tu attends.

Tu relances.

Et malgré tout…

tu n’as toujours pas ton diplôme.

Et lorsqu’une rentrée universitaire arrive en septembre ?

Eh bien…

l’administration, elle, peut prendre son temps.

L’étudiant, lui ?

Il est prié de patienter.

Magnifique système.


LE PETIT DÉTAIL QUI FAIT MAL

Dans certaines procédures officielles de l’ENCG Settat, l’établissement indique également que lorsque les conditions sont remplies, que la situation financière est régularisée et que le dossier est complet, la délivrance du diplôme intervient dans un délai annoncé d’environ vingt jours ouvrables pour la procédure concernée. (ENGS)

Alors maintenant, posons la question que tout étudiant devrait pouvoir poser sans avoir l’impression de demander la lune :

Quand mon dossier est complet, combien de temps dois-je réellement attendre ?

Une semaine ?

Vingt jours ouvrables ?

Deux mois ?

Six mois ?

Un an ?

Ou…

jusqu’à ce que quelqu’un retrouve le dossier entre deux cafés ?


LE VRAI PROBLÈME

Parce que le problème n’est pas qu’une administration puisse rencontrer des difficultés.

Ça arrive.

Le problème, c’est lorsqu’un étudiant n’a plus de visibilité.

Pas de délai clair.

Pas de responsable clairement identifié.

Pas de réponse satisfaisante.

Et surtout…

pas de solution lorsque le retard menace directement sa prochaine étape universitaire ou professionnelle.

On demande aux étudiants d’être rigoureux.

D’arriver à l’heure.

De respecter les procédures.

De payer dans les délais.

De fournir les documents.

De ne jamais dépasser une échéance.

Très bien.

Mais qui demande la même rigueur à l’administration ?


CONCLUSION

Les ENCG enseignent le management.

La gouvernance.

La stratégie.

La gestion des risques.

La responsabilité.

Alors peut-être qu’il serait temps de faire passer un petit examen à l’institution elle-même.

Parce qu’un étudiant ne devrait pas devoir devenir expert en administration publique simplement pour récupérer le diplôme qu’il a mérité.

Un document qui devrait clôturer son parcours…

ne devrait pas devenir son prochain parcours du combattant.

Et lorsqu’on additionne les affaires qui ont touché différentes ENCG :

les conflits de gouvernance à Casablanca,

les accusations autour de documents officiels,

les enquêtes,

l’affaire de harcèlement à Oujda,

les interrogations autour d’un recrutement à Settat,

et maintenant les dossiers de diplômes encore en traitement…

une chose est certaine :

la réputation d’une grande école ne se résume pas au nombre d’étudiants qu’elle sélectionne.

Elle se mesure aussi à la manière dont elle traite ceux qu’elle a déjà diplômés.

Parce qu’il est facile de parler d’excellence.

Le vrai test…

c’est quand l’étudiant frappe à la porte pour récupérer ce qu’on lui doit.

Et là, bizarrement…

le management devient beaucoup moins théorique.

Sources affichables à l’écran : LeBrief, TelQuel, Le360, Hespress, H24info, ENCG Settat — documents et avis officiels.

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