Le marché des capitaux marocain a poursuivi son développement au cours des premiers mois de 2026, porté par la progression des principaux indicateurs boursiers, la croissance de la gestion collective et l’accélération des réformes engagées par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). Dans sa Revue du Marché des Capitaux (n°14), le régulateur dresse un bilan marqué par une amélioration des performances des sociétés cotées, la montée en puissance de nouveaux instruments financiers et la poursuite des chantiers destinés à moderniser la place financière de Casablanca.
À fin mai 2026, le MASI s’est établi à 18.874,97 points, en progression de 5 % sur un an. La capitalisation boursière a atteint 1.100,6 milliards de dirhams, soit une hausse annuelle de 16,5 %. Cette évolution s’appuie sur les résultats des sociétés cotées, dont le chiffre d’affaires agrégé s’est élevé à 360 milliards de dirhams au titre de l’exercice 2025, en progression de 10 %, tandis que le résultat net global a bondi de 38,3 % pour atteindre 52 milliards de dirhams. Les banques demeurent le principal contributeur aux bénéfices de la cote, représentant 42 % des profits, devant les télécommunications et le secteur du bâtiment et des matériaux de construction.
L’activité de marché apparaît toutefois plus contrastée. Les volumes échangés sur les marchés central et de blocs se sont établis à 42,47 milliards de dirhams sur les cinq premiers mois de l’année, contre 54,14 milliards à la même période de 2025. La moyenne quotidienne des échanges a reculé à 441 millions de dirhams, tandis que le ratio de liquidité est revenu à 12,25 %, contre 13,92 % un an auparavant.
La structure des investisseurs demeure largement dominée par les institutionnels. Au premier trimestre 2026, les OPCVM ont représenté 38,4 % des volumes traités sur le marché actions, devant les personnes morales marocaines (27,2 %). Les personnes physiques marocaines ont contribué à hauteur de 23 %, tandis que les investisseurs étrangers ont porté leur part à 6 %, contre 4 % un an auparavant, traduisant un regain d’intérêt pour la place casablancaise.
La gestion collective poursuit également sa progression. À fin mai, les actifs nets des OPCVM ont atteint 827 milliards de dirhams, en hausse de 7 % sur un an. Les autres véhicules de placement collectif enregistrent eux aussi des évolutions favorables, avec des hausses de 22,5 % pour les OPCI, de 76 % pour les OPCC et de 83 % pour les FPCT. Ensemble, ces organismes totalisent désormais près de 1.000 milliards de dirhams d’actifs.
Au cours des cinq premiers mois de l’année, les OPCVM ont enregistré une collecte nette de 46 milliards de dirhams. Les investisseurs ont privilégié les fonds obligataires court terme et les fonds monétaires, tandis que les fonds obligataires moyen et long terme ont affiché une décollecte nette.
À fin avril 2026, l’encours global des titres de créance s’élevait à 1.144 milliards de dirhams. Les Bons du Trésor représentent toujours l’essentiel de ce marché avec 70,4 % de l’encours, devant les obligations (19 %) et les titres de créances négociables. Les levées du Trésor ont atteint 47,7 milliards de dirhams durant les quatre premiers mois de l’année, tandis que les émissions obligataires se sont élevées à 6,5 milliards de dirhams.
Le marché du prêt de titres poursuit également son développement. Son volume a atteint 163 milliards de dirhams entre janvier et avril 2026, en hausse de 36,6 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les Bons du Trésor concentrent près de 98 % des opérations, tandis que les OPCVM demeurent les principaux intervenants, à la fois comme emprunteurs et comme prêteurs.
Au-delà des performances chiffrées, l’AMMC met en avant les avancées réglementaires engagées depuis le début de l’année. La publication de la nouvelle loi relative aux OPCVM et de son décret d’application constitue l’une des principales réformes. Ce nouveau cadre ouvre la voie à la diversification des instruments financiers et à l’introduction de produits répondant aux standards internationaux.
L’année 2026 a également été marquée par le lancement opérationnel du marché à terme d’instruments financiers, avec la première cotation du contrat Future MASI 20. En parallèle, Bank Al-Maghrib et l’AMMC ont lancé le portail de l’Instance de coordination du marché à terme (ICMAT), destiné à accompagner les opérateurs et le grand public dans le développement de ce nouveau segment.
L’AMMC a par ailleurs présenté ses priorités d’action pour 2026, articulées autour de quatre axes : le développement d’un marché plus efficient et accessible, l’accompagnement de l’innovation financière et de la durabilité, le renforcement de l’éducation financière et l’adaptation de la supervision aux évolutions du secteur. Le régulateur entend également poursuivre la digitalisation de ses activités et intégrer progressivement les technologies d’intelligence artificielle dans son fonctionnement.
En parallèle, plusieurs opérations d’appel public à l’épargne, d’émissions obligataires et de placements privés ont été visées par l’Autorité, tandis que de nouvelles initiatives ont été engagées en matière de prévention des abus de marché, de gestion sous mandat et de lutte contre le blanchiment de capitaux.
SB
