Santé et Sciences

Entretien avec Hasnaa Trombati : « Mieux informer le public est essentiel pour préserver la santé visuelle »

Par AL
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La santé visuelle est un enjeu de santé publique qui évolue avec les modes de vie. L’augmentation du temps passé devant les écrans, la progression de la myopie chez les enfants et le vieillissement de la population contribuent à faire émerger de nouveaux besoins en matière de prévention et de dépistage. Dans cet entretien, Hasnaa Trombati, opticienne et fondatrice de Mod’Optic, partage son regard sur la situation au Maroc et rappelle les bons réflexes à adopter pour préserver sa vision.

La Nouvelle Tribune : Quelle est aujourd’hui la situation de la santé visuelle au Maroc ?

Hasnaa Trombati : Aujourd’hui, les troubles visuels les plus fréquents que nous rencontrons chez Mod’Optic sont les troubles de la réfraction, comme la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme et la presbytie. Nous constatons également une augmentation de la fatigue oculaire liée à l’utilisation intensive des écrans, qui peut se traduire par des yeux secs, une vision fluctuante ou des maux de tête.

Chez les enfants, la progression de la myopie est une préoccupation majeure. Chez les personnes de plus de 60 ans, nous orientons régulièrement vers un ophtalmologiste lorsque nous suspectons des pathologies comme la cataracte, le glaucome ou la DMLA. Notre rôle est avant tout de détecter les signes d’alerte, d’assurer un équipement visuel adapté et, si nécessaire, d’orienter rapidement le patient vers une prise en charge médicale.

Les Marocains accordent-ils suffisamment d’importance au dépistage visuel ?

On observe une prise de conscience progressive, notamment en raison de la fatigue visuelle liée aux écrans et des campagnes de sensibilisation. Il reste toutefois des freins, comme le coût, le manque d’information ou encore la banalisation de la gêne visuelle. Beaucoup de personnes consultent seulement lorsque les symptômes deviennent vraiment gênants. La situation s’améliore, mais le dépistage reste encore trop irrégulier.

Les enfants sont-ils davantage exposés aux troubles de la vue avec l’augmentation du temps passé devant les écrans ?

Oui, les enfants sont aujourd’hui davantage exposés aux troubles de la vue, notamment en raison du temps prolongé passé devant les écrans. Nous observons une augmentation des cas de myopie, ce qui rend le dépistage précoce particulièrement important.

Quels signes doivent alerter et pousser à consulter un spécialiste ?

Certains signes doivent inciter à consulter rapidement, comme par exemple une rougeur persistante, une douleur à l’œil, un larmoiement inhabituel, une sensibilité à la lumière ou une baisse de la vision. Si ces symptômes apparaissent, il vaut mieux consulter rapidement.

Quels sont les bons réflexes à adopter au quotidien pour préserver sa vision ?

Quelques gestes simples permettent de préserver sa vision au quotidien : porter des lunettes de soleil de bonne qualité pour se protéger des UV, bien s’hydrater, retirer ses lentilles avant de nager et utiliser des larmes artificielles si nécessaire. Il est également important de limiter le temps passé devant les écrans ou, à défaut, de faire des pauses régulières.

Quels sont, selon vous, les principaux défis qui restent à relever pour améliorer l’accès aux soins visuels au Maroc ?

Les principaux défis, sont surtout la prévention et le dépistage précoce.

Beaucoup de personnes consultent seulement lorsque la gêne devient importante, alors qu’un contrôle régulier permettrait de détecter plus tôt certains troubles visuels. Il est également nécessaire de mieux sensibiliser les familles à la progression de la myopie chez les enfants, de limiter le temps d’écran, de protéger les yeux des rayons UV et de rendre les examens visuels plus accessibles. Plus largement, une meilleure information du public reste l’un des leviers les plus efficaces pour préserver durablement la santé visuelle.

Propos recueillis par Asmaa Loudni

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