Les marchés mondiaux entament la semaine dans le vert, portés par la détente au Moyen-Orient et la chute des prix du pétrole, avant une série de rendez-vous majeurs, entre résultats d’entreprises et décisions de banques centrales.
La semaine débute « par l’absence de développement » au Moyen-Orient, commente Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.
Aucun bombardement américain n’a en effet été signalé en Iran depuis vendredi soir, marquant une pause dans les hostilités après deux semaines de frappes depuis le cessez-le-feu d’avril.
« Cette évolution a considérablement réduit la prime de risque géopolitique », souligne Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB. « Il s’agit d’un changement majeur par rapport à la semaine dernière, lorsque le pétrole flirtait avec les 100 dollars le baril ».
Vers 11H45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale, chutait de 7,85%, à 89,18 dollars, et celui du WTI américain dégringolait de 6,90%, à 83,15 dollars.
Les prix du pétrole brut ont ainsi entamé la semaine sur un important recul « alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz demeure quasiment à l’arrêt et que les Houthis du Yémen auraient visé des installations de Saudi Aramco », note l’analyste de Swissquote.
Mais « la situation géopolitique reste très incertaine et les risques demeurent orientés à la hausse pour les prix du pétrole », met-elle en garde.
D’autant que la diplomatie iranienne a affirmé lundi qu’aucune négociation n’était actuellement en cours avec les États-Unis, malgré les déclarations de Washington, dimanche, disant vouloir laisser une chance à la diplomatie.
– Pression immédiate réduite sur les Bourses –
Sur les marchés actions, les investisseurs réagissent favorablement au fort recul des prix du pétrole, notamment les places européennes très exposées au coût de l’énergie.
Vers 11H45 GMT, la Bourse de Paris prenait 1,01%, Francfort 1,71%, Londres 0,62% et Milan 0,78%.
A New York, les contrats à terme sur les trois principaux indices laissaient présager une ouverture en nette hausse.
« La baisse du pétrole a donné aux obligations et aux actions de l’espace pour rebondir, affaibli le dollar et réduit la pression immédiate sur les banques centrales », résume Patrick Munnelly de Tickmill Group.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a terminé en hausse de 0,50%. A Séoul, l’indice Kospi a gagné 0,97%.
En Chine continentale, la Bourse de Shenzhen a clôturé sur un gain de 2,13% et Shanghai de 0,90%. Hong Kong a gagné 0,98%.
Le champion chinois des puces mémoire CXMT a vu son titre flamber de plus de 470% lors de son introduction à la Bourse de Shanghai lundi, devenant brièvement la plus grosse entreprise de Chine continentale par la capitalisation devant la banque ICBC, à 3.300 milliards de yuans (427 milliards d’euros).
– Les géants de la tech publient leurs résultats –
Plusieurs poids lourds de la tech publieront leurs résultats cette semaine, notamment Microsof et Meta mercredi, puis Apple et Amazon jeudi.
Plus important que les résultats, « ils informeront les investisseurs de leurs projets de dépenses », note Ipek Ozkardeskaya.
« Rappelons que les investisseurs sont de plus en plus mal à l’aise face aux dépenses massives des géants dans l’intelligence artificielle, alors que leurs flux de trésorerie disponibles s’évaporent, les obligeant à rechercher des financements supplémentaires par le biais d’émissions d’actions et d’obligations dans un contexte de remontée des anticipations de taux d’intérêt », explique-t-elle.
– Semaine chargée pour les banques centrales –
La semaine sera d’ailleurs marquée par plusieurs décisions de politiques monétaires de grandes banques centrales, à commencer par celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui ouvre le bal mercredi.
« Les décisions attendues mercredi et jeudi pourraient donner le ton aux marchés financiers pour les semaines, voire les mois à venir », estime Kathleen Brooks.
« Les rendements obligataires ont fortement progressé la semaine dernière en Europe comme aux États-Unis sous l’effet de la flambée des prix du pétrole. Ils reculent désormais nettement en ce début de semaine », constate-elle.
Les taux d’emprunt imposés à la France pour financer sa dette à échéance 10 ans évoluait à près de 3,91% lundi vers 11H45 GMT, contre 3,97% vendredi à la clôture.
Référence en Europe, le rendement du « Bund » allemand à dix ans atteignait 3,12%, contre 3,17% vendredi soir.
