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Supervision bancaire : Bank Al-Maghrib met en avant la solidité du secteur et accélère ses réformes

Par LNT
bank al-maghrib

Bank Al-Maghrib (BAM) dresse un bilan globalement positif du secteur bancaire marocain en 2025, marqué par une progression de l’activité, une amélioration de la rentabilité et le maintien de niveaux de solvabilité jugés confortables. Dans son 22ᵉ Rapport annuel sur la supervision bancaire, présenté mardi à Casablanca, la Banque centrale souligne également l’accélération des réformes réglementaires et le renforcement de sa vigilance face aux nouveaux risques liés au numérique, au climat et à la cybersécurité.

Le rapport intervient dans un contexte où l’économie marocaine a évolué dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques. Malgré ce contexte, le secteur bancaire a poursuivi sa croissance, soutenu par le dynamisme de l’activité économique et une politique monétaire demeurée accommodante.

Une activité bancaire en progression

En 2025, les crédits bancaires ont progressé de 6,5 %, atteignant 1.238 milliards de dirhams, principalement grâce à l’accélération des crédits à l’équipement et à la hausse des crédits à la consommation. Les dépôts de la clientèle ont, de leur côté, augmenté de 7,6 % pour s’établir à près de 1.372 milliards de dirhams, soutenus essentiellement par les dépôts à vue.

Le paysage bancaire marocain comptait, à fin 2025, 95 établissements, contre 92 un an auparavant, dont 24 banques, 30 sociétés de financement, 20 établissements de paiement, 10 associations de microcrédit et plusieurs autres organismes spécialisés.

Dans le même temps, la poursuite de la digitalisation des services financiers s’est traduite par une nouvelle contraction du réseau physique bancaire. Le nombre d’agences est revenu à 5.541, soit 151 agences de moins qu’en 2024. À l’inverse, le réseau des guichets automatiques a continué de s’étendre avec 8.298 GAB, tandis que les établissements de paiement ont renforcé leur présence grâce à un réseau de 34.337 agents.

Une inclusion financière en progression

Le rapport met également en évidence une amélioration des indicateurs d’inclusion financière.

Le nombre de personnes physiques titulaires d’au moins un compte bancaire a atteint 19,3 millions, portant le taux de détention de comptes bancaires à 62 % de la population adulte, contre 58 % un an auparavant. Parallèlement, les comptes de paiement poursuivent leur développement avec 16,3 millions de comptes recensés à fin 2025.

Une rentabilité renforcée

Les performances financières des établissements de crédit se sont également améliorées.

Le produit net bancaire (PNB) des banques conventionnelles a progressé à 73,9 milliards de dirhams, tandis que leur résultat net agrégé a atteint 19,2 milliards de dirhams, en hausse de près de 22 % par rapport à 2024.

Cette évolution s’explique notamment par la progression des revenus récurrents et par la diminution du coût du risque, qui est revenu à 9,8 milliards de dirhams après la forte hausse observée l’année précédente.

Les banques participatives ont, elles aussi, poursuivi leur montée en puissance. Leur résultat net agrégé, positif depuis 2023, a doublé en 2025 pour atteindre près de 200 millions de dirhams, tandis que leurs financements ont progressé à 32,8 milliards de dirhams.

Des fondamentaux prudentiels jugés solides

Bank Al-Maghrib considère que les principaux indicateurs prudentiels demeurent à des niveaux confortables.

Le ratio moyen de solvabilité s’est établi à 16,1 %, largement au-dessus du minimum réglementaire de 12 %, tandis que le ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 (CET1) est resté à 13,5 %, contre un minimum réglementaire fixé à 9 %.

Le ratio moyen de liquidité à court terme s’est maintenu à 172 %, bien au-dessus du seuil réglementaire de 100 %, traduisant une situation de liquidité jugée solide.

Le taux des créances en souffrance a légèrement diminué pour s’établir à 8,3 % sur base sociale et 8,8 % sur base consolidée. La Banque centrale souligne toutefois que leur volume a atteint 102,3 milliards de dirhams, ce qui justifie la poursuite des efforts de provisionnement et de gestion du risque de crédit.

Des réformes réglementaires d’ampleur

L’année 2025 a également été marquée par plusieurs évolutions du cadre réglementaire.

Bank Al-Maghrib a finalisé la réforme du régime de résolution bancaire, désormais adoptée par le Parlement, afin de renforcer les mécanismes de prévention et de gestion des crises bancaires.

La Banque centrale a également renforcé le cadre prudentiel applicable aux créances en souffrance, en introduisant notamment une nouvelle catégorie de « créances sensibles » destinée à mieux anticiper les dégradations de la qualité du crédit avant le défaut de paiement. Des règles spécifiques ont également été définies pour les créances restructurées.

Par ailleurs, un cadre prudentiel spécifique a été mis en place pour la Société nationale de garantie et de financement de l’entreprise (SNGFE), afin d’adapter les exigences prudentielles à ses activités de garantie.

Cybersécurité, fintech et intelligence artificielle

Au-delà des risques bancaires traditionnels, le rapport souligne l’attention croissante portée aux nouveaux enjeux liés à la transformation numérique.

Bank Al-Maghrib indique avoir renforcé son dispositif de supervision des cyber-risques, généralisé le tableau de bord de cybersécurité à l’ensemble du secteur bancaire et finalisé un guide de bonnes pratiques destiné à renforcer la protection contre les attaques de type ransomware.

La Banque centrale poursuit également le développement de l’écosystème fintech, avec la publication du Guide du Parcours Fintech, l’accompagnement du lancement des activités de financement collaboratif, les travaux préparatoires à l’Open Banking en partenariat avec le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) et la mise en place d’un groupe de travail consacré à l’encadrement de l’intelligence artificielle dans le secteur bancaire.

Une vigilance renforcée sur les nouveaux risques

Le rapport revient enfin sur plusieurs chantiers stratégiques conduits au cours de l’année.

Bank Al-Maghrib a poursuivi le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en préparation de l’évaluation mutuelle du Maroc par le GAFIMOAN prévue en novembre 2026. Elle a également renforcé son dispositif de supervision des risques climatiques à travers de nouvelles directives réglementaires et la mise en œuvre de sa stratégie de finance climat à l’horizon 2030.

Enfin, la Banque centrale indique avoir consolidé ses mécanismes de protection de la clientèle bancaire, notamment par le développement du comparateur des tarifs bancaires, la réalisation d’opérations de « Mystery Shopping », le renforcement de l’accessibilité des services aux personnes en situation de handicap et le lancement de campagnes de sensibilisation contre le phishing.

LNT

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