Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont annoncé ensemble lundi prendre des sanctions contre la Russie, qu’ils accusent d’être à l’origine de cyberattaques destinées à « semer la chaos et la division en Europe ».
La Grande-Bretagne a annoncé prendre des sanctions contre 24 individus et entités liées aux services de renseignement russes, l’UE dévoilant de son côté des sanctions contre 13 entités et individus, dont des officiers du renseignement militaire russe (GRU).
« La menace est réelle, concrète, destructrice, tout le monde aujourd’hui en est convaincu », a assuré une source sécuritaire d’un pays de l’UE.
Londres et Bruxelles ont pour la première fois désigné ensemble les services de renseignement russes, le FSB, derrière une attaque contre le réseau électrique polonais. Cette cyberattaque, émanant du « Centre 16 du FSB », a échoué, a précisé le Royaume-Uni, mais elle aurait pu priver 500.000 personnes d’électricité « en plein coeur de l’hiver ».
Selon la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas, le Centre 16 est aussi à l’origine d’opérations de cyberespionnage en France depuis 2010 contre des « entités gouvernementales stratégiques ».
« Nous condamnons fermement le comportement de la Russie », a affirmé Mme Kallas, dénonçant le recours par les autorités russes à des cybercriminels, des hackers et des entreprises privées pour mener ces attaques.
« Qu’il s’agisse de diriger des criminels contre des entreprises ou de frapper le réseau énergétique polonais en plein coeur de l’hiver, l’État russe atteint de nouveaux sommets d’indignité dans ses tentatives de saper la sécurité européenne », a dénoncé pour sa part la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper.
La Grande-Bretagne a déjà pris des sanctions contre quelque 3.400 individus et entités, accusés de soutenir l’effort de guerre russe contre l’Ukraine.
L’UE a de son côté sanctionné pour les mêmes raisons quelque 2.700 individus et entités, et une centaine d’autres, accusés d’attaques hybrides contre l’UE.
Ces sanctions consistent en un gel des avoirs et une interdiction de voyager dans l’Union européenne.
LNT avec Afp