Le groupe de travail thématique chargé de préparer la session annuelle d’évaluation des politiques publiques liées à la lutte contre les effets du changement climatique a appelé à renforcer le dispositif législatif national en élaborant une loi dédiée au climat, afin de mieux encadrer les politiques publiques dans ce domaine.
Présenté mercredi lors de la session annuelle d’évaluation des politiques publiques à la Chambre des conseillers, le rapport formule une série de recommandations portant sur la gouvernance, le financement, la recherche scientifique, l’innovation et la territorialisation de l’action climatique.
Présentant les conclusions du rapport, le rapporteur du groupe de travail, Lahcen Nazhi, a souligné la nécessité de renforcer les mécanismes de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation des politiques climatiques, tout en intégrant de manière plus systématique les considérations environnementales dans les projets et investissements publics.
Le document recommande notamment la mise en place de mécanismes institutionnels de coordination entre les différents départements ministériels, les collectivités territoriales, les établissements publics, le secteur privé et la société civile, avec une définition plus précise des responsabilités de chaque acteur.
Le rapport préconise également la création d’un système national de suivi et d’évaluation fondé sur des indicateurs mesurables ainsi que sur des évaluations périodiques et indépendantes permettant d’apprécier les progrès réalisés, d’identifier les insuffisances et de proposer les ajustements nécessaires.
Sur le plan financier, les auteurs du rapport recommandent l’adoption d’un budget sensible au climat, consistant à intégrer les enjeux climatiques dans l’ensemble du cycle budgétaire, depuis la préparation jusqu’au suivi et à l’évaluation des dépenses publiques.
Le groupe de travail estime également nécessaire de s’inspirer des expériences internationales en les adaptant aux spécificités marocaines afin de développer un modèle national conciliant efficacité institutionnelle, durabilité environnementale et équité territoriale, tout en renforçant l’accès du Royaume aux financements climatiques internationaux.
Le rapport appelle à une meilleure prise en compte des risques liés au changement climatique dans les politiques publiques, notamment dans les secteurs de l’eau, de l’agriculture, de l’urbanisme, de la santé, des transports, de l’énergie et de l’habitat.
Il recommande que les projets d’aménagement urbain et les infrastructures soient systématiquement précédés d’études d’impact climatique et que les documents d’urbanisme intègrent davantage les risques liés aux évolutions climatiques.
Les recommandations portent également sur le développement de la recherche scientifique et de l’innovation.
Le groupe de travail plaide pour une meilleure intégration de la culture climatique dans les programmes scolaires, universitaires et les médias, tout en encourageant le recours à l’intelligence artificielle pour améliorer la gestion des ressources en eau et développer des solutions d’adaptation.
Le rapport recommande en outre un renforcement du soutien aux universités, aux centres de recherche et aux institutions spécialisées dans la production et l’analyse des données climatiques, ainsi que le développement de travaux scientifiques consacrés aux impacts du changement climatique sur les différentes régions du Royaume.
Sur le plan territorial, le rapport insiste sur le renforcement des capacités des collectivités locales en matière de planification climatique et de gestion des risques.
Il recommande de doter les collectivités territoriales des moyens humains, techniques et financiers nécessaires à la mise en œuvre de plans locaux de gestion des catastrophes et d’intégrer systématiquement les enjeux climatiques dans les programmes de développement des régions, des provinces, des préfectures et des communes.
Le groupe de travail appelle enfin à une implication accrue de la société civile et des collectivités territoriales dans les actions de sensibilisation environnementale, notamment auprès des établissements scolaires, des quartiers et des zones rurales, afin de favoriser une meilleure appropriation des enjeux climatiques par les citoyens.
LNT
