Sanlam Maroc et Allianz Maroc ont officiellement concrétisé leur rapprochement à travers une opération de fusion-absorption, donnant naissance à un nouvel ensemble qui se positionne parmi les principaux acteurs du marché marocain de l’assurance. Présentée lors d’une conférence de presse à Casablanca, cette opération s’inscrit dans le prolongement du rapprochement engagé entre les groupes Sanlam et Allianz à l’échelle africaine et vise, selon ses responsables, à renforcer les capacités opérationnelles, l’offre de services et la proximité avec les assurés.
À cette occasion, l’Administrateur Directeur Général de Sanlam Maroc, Yahia Chraibi, a insisté sur le fait que cette fusion procède d’un choix stratégique des actionnaires plutôt que d’une contrainte économique. Selon lui, les deux groupes auraient pu conserver des structures distinctes ou céder leurs actifs, mais ont privilégié la création d’une entité unique afin de répondre à l’évolution des attentes des clients et aux transformations du marché marocain de l’assurance.
Le dirigeant a rappelé que Sanlam Maroc et Allianz Maroc disposent respectivement de plus de 75 et 70 années de présence dans le Royaume. Cette implantation historique leur a permis, selon lui, de développer des expertises complémentaires, que la nouvelle entité entend désormais réunir au sein d’une même organisation.
La fusion marocaine constitue l’aboutissement du rapprochement entre Sanlam et Allianz en Afrique, engagé après la création de leur joint-venture continentale. Yahia Chraibi a indiqué que des opérations similaires avaient déjà été menées dans plusieurs pays africains, le Maroc étant l’un des derniers marchés à finaliser ce processus, notamment en raison des procédures réglementaires nécessaires auprès des autorités compétentes.
L’opération a ainsi été réalisée dans le cadre d’une fusion-absorption d’Allianz Maroc par Sanlam Maroc, après les autorisations délivrées par les instances concernées, notamment l’Autorité de la concurrence, l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) ainsi que l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).
Selon les responsables, cette intégration s’accompagne d’un important travail d’harmonisation des organisations, des systèmes d’information, des offres commerciales et des processus internes afin d’assurer une transition progressive.
À l’issue de cette opération, la nouvelle entité revendique une position renforcée sur le marché national de l’assurance.
Yahia Chraibi a indiqué que le groupe représente désormais environ 14 % du marché marocain, avec un volume de primes de l’ordre de 8,1 milliards de dirhams sur l’exercice 2025. Il a précisé que cette position repose principalement sur les activités non-vie, où la compagnie atteint près de 23 % de part de marché.
Le dirigeant a également souligné le maintien de positions importantes sur plusieurs branches, notamment l’assurance automobile, les risques d’entreprises et l’assurance santé.
Selon les chiffres présentés, la compagnie couvre désormais plus de six millions d’assurés et s’appuie sur un réseau dépassant 750 points de vente répartis dans plus de 230 villes et localités rurales à travers le Royaume. Cette couverture territoriale est présentée comme un levier destiné à renforcer la proximité avec les assurés et les intermédiaires.
Pour Yahia Chraibi, le principal objectif consiste à créer un acteur disposant de moyens renforcés pour accompagner aussi bien les particuliers que les entreprises.
Il a expliqué que la complémentarité des deux compagnies devrait permettre d’améliorer les parcours clients, de mutualiser les expertises techniques et d’accroître les capacités d’innovation, notamment dans le domaine des services numériques.
Le dirigeant a également mis en avant le renforcement des capacités d’assurance destinées aux entreprises, en particulier pour les grands projets d’investissement et d’infrastructures. Selon lui, la taille du nouvel ensemble permettra d’assumer des engagements financiers plus importants en s’appuyant sur les capacités internationales des groupes Sanlam et Allianz, réduisant ainsi le recours aux mécanismes de coassurance ou à des réassureurs extérieurs.
Autre axe souligné : la présence africaine du groupe. Grâce au réseau constitué dans une trentaine de pays, la compagnie entend proposer des solutions d’assurance couvrant plusieurs marchés africains à partir du Maroc, afin d’accompagner les entreprises marocaines et internationales engagées dans leur développement continental.
L’un des principaux messages adressés aux clients concerne l’absence de changement immédiat dans la gestion de leurs contrats.
Le guide d’information élaboré à l’occasion de la fusion précise que les contrats en cours demeurent valables jusqu’à leur échéance, sans modification des garanties, des tarifs ou des modalités de gestion. Les assurés n’ont aucune démarche particulière à effectuer et continuent de bénéficier des mêmes services ainsi que des mêmes interlocuteurs.
Les procédures de déclaration de sinistres, de remboursement ou de prise en charge restent également inchangées pendant la phase de transition. Les réseaux d’agents, de courtiers, les plateformes téléphoniques ainsi que les différents canaux de distribution continuent de fonctionner selon les modalités habituelles.
À moyen terme, les responsables prévoient toutefois une convergence progressive des offres commerciales et des outils de gestion afin de proposer des produits enrichis, des parcours clients simplifiés ainsi qu’un développement accru des services digitaux.
Le document précise également que les conditions tarifaires des contrats en cours ne sont pas modifiées par la fusion. Lors des renouvellements ou de nouvelles souscriptions, les évolutions tarifaires continueront d’être déterminées selon les critères habituels liés au profil de l’assuré, aux garanties choisies ou aux risques couverts, indépendamment de l’opération de fusion.
Interrogé sur les conséquences de la fusion pour les collaborateurs, Yahia Chraibi a indiqué que le processus de préparation avait débuté plusieurs années avant son aboutissement juridique.
Selon lui, cette période a permis d’anticiper une grande partie des ajustements organisationnels grâce aux mouvements naturels de personnel et à une politique de non-remplacement de certains départs, limitant ainsi les situations de doublons. Il a salué l’implication des équipes des deux compagnies, précisant que plus de 200 ateliers de travail avaient réuni environ 230 collaborateurs afin de construire les futurs processus communs et définir l’organisation cible.
Le responsable a également souligné la participation des réseaux d’intermédiaires, associés progressivement aux travaux de préparation afin d’assurer une transition la plus fluide possible pour les assurés.
Au-delà de l’intégration opérationnelle, la fusion devrait également se traduire par une évolution de l’identité de la compagnie.
Yahia Chraibi a indiqué qu’une démarche réglementaire avait été engagée afin d’adopter progressivement la dénomination SanlamAllianz Maroc, sous réserve des autorisations requises. Ce choix vise, selon lui, à conserver la notoriété des deux marques tout en reflétant le rapprochement déjà engagé à l’échelle du continent africain.
Selim Benabdelkhalek
