Economie

Casablanca : City Break et tourisme d’affaires pour accélérer le développement du secteur

Par LNT
Capture d’écran 2026-07-02 150337

Réunis à l’occasion de la quatrième édition du Forum interactif du tourisme, organisée sous le thème « Quels leviers d’accélération pour Casablanca-Settat avec les segments touristiques City Break et Tourisme d’Affaires ? », élus, responsables institutionnels, professionnels et experts ont dressé un état des lieux du développement touristique de la région tout en identifiant les principaux leviers susceptibles de renforcer son attractivité. Les échanges ont notamment porté sur l’amélioration de la connectivité aérienne, le développement du tourisme urbain de courte durée, la création d’infrastructures dédiées au tourisme d’affaires ainsi que la valorisation de l’identité touristique de Casablanca.

Passer de la réflexion à l’action

En ouvrant les travaux, le président de l’Institut Métropolitain de Casablanca, Mustapha Mellouk, a rappelé que cette quatrième édition intervient dans un contexte marqué par une dynamique favorable du tourisme national. Il a cité les près de 20 millions de visiteurs enregistrés au Maroc en 2025 ainsi que les ambitions nationales à l’horizon 2030, estimant que Casablanca devait désormais mieux tirer parti de cette évolution.

Selon lui, la métropole dispose d’atouts encore insuffisamment exploités, qu’il s’agisse de son poids économique, de sa position de porte d’entrée vers l’Afrique ou de ses infrastructures. L’objectif du forum est, a-t-il expliqué, d’identifier les leviers permettant de transformer ces atouts en véritable moteur de croissance touristique.

Le président du Conseil régional du tourisme Casablanca-Settat, Othmane Cherif Alami, est revenu sur les trois précédentes éditions du forum, qui ont successivement permis d’établir un diagnostic du secteur, de définir une feuille de route puis de tracer les grandes orientations de développement de la destination.

Selon lui, la phase actuelle doit désormais être celle de la mise en œuvre. Le responsable a indiqué que le forum vise à transformer les réflexions engagées ces dernières années en actions concrètes autour de deux segments jugés prioritaires : le City Break et le tourisme d’affaires.

Il a également rappelé que le développement touristique constitue, selon lui, un levier de création de richesse et d’emplois pour la région. À l’approche d’échéances internationales telles que la Coupe du monde 2030, il a affirmé sa volonté de mobiliser l’ensemble des acteurs publics et privés afin d’améliorer l’attractivité de Casablanca-Settat et d’accroître les flux de visiteurs nationaux et internationaux.

Le tourisme comme prolongement du développement économique

Le président du Conseil de la région Casablanca-Settat, Abdellatif Maâzouz, a inscrit sa réflexion dans une approche plus globale du développement territorial.

Il a rappelé que la région dispose aujourd’hui d’infrastructures plus développées qu’il y a quelques années, évoquant notamment les équipements portuaires, les infrastructures de transport ainsi que le développement des pôles industriels. Selon lui, ces investissements constituent une base indispensable au développement du tourisme.

« S’il n’y a pas de business, il n’y aura pas de tourisme », a-t-il résumé, considérant que la vitalité économique demeure l’un des principaux facteurs d’attractivité de Casablanca.

Le responsable régional a toutefois estimé que ces infrastructures ne suffisent plus à elles seules. Pour renforcer l’attractivité de la destination, il a plaidé pour une meilleure mise en valeur des équipements existants ainsi que pour le développement de nouvelles infrastructures capables d’accueillir de grands événements internationaux.

À ce titre, Abdellatif Maâzouz a confirmé que la création d’un Palais des congrès constitue l’un des projets structurants actuellement étudiés par les pouvoirs publics. Plusieurs scénarios d’implantation sont examinés, en concertation avec les différents départements concernés.

Il a également insisté sur la nécessité de raisonner à l’échelle de l’ensemble de la région plutôt qu’à celle de la seule ville de Casablanca, estimant que le développement touristique doit s’appuyer sur les complémentarités entre les différentes provinces de Casablanca-Settat.

Mieux valoriser les atouts existants

Au-delà des infrastructures, Abdellatif Maâzouz a également insisté sur le rôle de la culture et de l’événementiel dans la construction d’une destination touristique.

Il a évoqué les investissements engagés avec le ministère de la Culture pour soutenir la programmation culturelle régionale, tout en appelant à une meilleure coordination des événements afin d’éviter les chevauchements de calendrier.

Le président de la Région a également souligné l’importance d’une animation régulière du territoire et d’une meilleure valorisation du patrimoine régional afin d’améliorer l’expérience des visiteurs et de renforcer l’attractivité de Casablanca-Settat tout au long de l’année.

Les discussions ont ainsi fait ressortir un consensus sur la nécessité de compléter les investissements réalisés dans les infrastructures par une politique de promotion, d’animation et de valorisation des différents atouts de la destination.

Une meilleure connectivité aérienne pour soutenir la croissance

La question de l’accessibilité aérienne a occupé une place centrale dans les échanges. Le directeur du pôle commercial de l’Office National Marocain du Tourisme, Hicham Bellaziz, a rappelé que le développement d’une destination touristique est étroitement lié à la qualité de sa desserte.

Il a indiqué que les efforts engagés ces dernières années ont permis d’accroître significativement la capacité aérienne du Maroc grâce à de nouveaux accords conclus avec plusieurs compagnies. Selon lui, l’objectif est désormais d’accompagner plus spécifiquement le développement de Casablanca en renforçant sa connectivité avec les principaux marchés émetteurs.

Le responsable a rappelé que la métropole constitue à la fois une destination touristique, un centre d’affaires et un hub régional. Cette diversité nécessite une offre aérienne adaptée à différents profils de voyageurs, qu’il s’agisse de touristes de loisirs, de voyageurs d’affaires ou de participants à des congrès internationaux.

Selon Hicham Bellaziz, le développement du segment City Break représente une opportunité importante pour Casablanca. Ce type de séjour, généralement concentré sur quelques jours, répond à l’évolution des habitudes de consommation touristique observées sur plusieurs marchés européens et peut contribuer à améliorer les taux d’occupation des établissements hôteliers tout au long de l’année.

Le tourisme d’affaires comme levier économique

Les intervenants ont également souligné le potentiel du tourisme d’affaires pour renforcer l’attractivité économique de Casablanca.

L’ancien ministre et ancien président-directeur général de la Royal Air Maroc, Driss Benhima, a estimé que Casablanca dispose déjà de nombreux atouts pour devenir une destination de référence sur ce segment. Capitale économique du Royaume, siège de nombreuses entreprises nationales et internationales, la ville accueille une part importante des activités économiques et financières du pays.

Selon lui, l’enjeu consiste désormais à compléter cet écosystème par des équipements adaptés, notamment un palais des congrès de dimension internationale et une offre événementielle suffisamment structurée pour attirer des manifestations de grande envergure.

Driss Benhima a également insisté sur l’importance d’une gouvernance coordonnée entre les différents intervenants du secteur. Le développement touristique, a-t-il expliqué, ne peut reposer sur un seul acteur mais nécessite une mobilisation conjointe des collectivités territoriales, des administrations, des opérateurs privés et des professionnels du tourisme.

Construire une destination identifiable

Pour Samir Kheldouni Sahraoui, le développement touristique passe également par un travail sur le positionnement de la destination.

L’expert a souligné que Casablanca souffre encore d’une image principalement associée aux affaires, alors que la métropole dispose d’un patrimoine architectural, culturel et urbain susceptible d’élargir son attractivité auprès d’autres catégories de visiteurs.

Selon lui, la ville gagnerait à mieux valoriser son identité propre, son architecture Art déco, son front de mer, ses équipements culturels, sa scène gastronomique ainsi que son rôle de métropole africaine ouverte sur les échanges internationaux.

Il a également insisté sur l’importance de l’expérience vécue par le visiteur. Au-delà de la promotion, la qualité de l’accueil, la mobilité urbaine, la signalétique, les services numériques et l’animation de la ville constituent autant de facteurs susceptibles d’influencer durablement l’image de la destination.

Une mobilisation collective

Les différents intervenants ont convergé sur la nécessité d’une gouvernance davantage intégrée afin d’assurer la cohérence des actions engagées.

Le directeur général de Casablanca Events & Animation, Mohamed Jouahri, est revenu sur les actions menées pour renforcer l’animation de la métropole et développer son attractivité à travers les manifestations culturelles, sportives et économiques.

Plusieurs participants ont également partagé leurs retours d’expérience concernant les évolutions du secteur, les besoins des opérateurs et les attentes des visiteurs, illustrant les transformations en cours au sein de l’écosystème touristique régional.

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé autour de plusieurs priorités : renforcer la connectivité aérienne, développer des infrastructures dédiées au tourisme d’affaires, mieux coordonner les calendriers événementiels, améliorer l’expérience des visiteurs et construire une identité touristique plus lisible pour Casablanca-Settat.

À l’approche de la Coupe du monde 2030, les intervenants ont estimé que ces différents chantiers pourraient contribuer à renforcer le positionnement de la région dans le paysage touristique national. Ils ont toutefois souligné que leur réussite reposera sur la capacité des acteurs publics et privés à inscrire leurs actions dans une stratégie commune et à assurer une mise en œuvre coordonnée des projets annoncés.

Selim Benabdelkhalek

Consultez librement toutes nos parutions hebdomadaires, nos hors-série et toutes les communications financières