Canicule: l’Europe suffoque, électricité et climatisation en débat

Par LNT
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La canicule qui frappe l’Europe occidentale, inédite par son intensité et sa précocité dans la saison, met à l’épreuve mercredi les réseaux électriques et relance aussi le débat sur l’utilité, ou non, de la climatisation face à des chaleurs appelées à progresser vers l’est du continent.

La chaleur devrait progresser vers l’est: les Pays-Bas ont annoncé la gratuité des piscines de plein air, la Pologne devrait être touchée à partir de jeudi, tandis que l’Autriche, la Croatie ou la Hongrie se préparent.

– Températures records –

Sous des températures historiques, la France connaît un quatrième jour consécutif de vigilance rouge canicule avec 58 départements concernés.

Selon l’organisme public Météo-France, la journée de mardi a été « la plus chaude jamais enregistrée en France » depuis 1947. L’indicateur thermique national a atteint 29,8°C selon des données provisoires, effaçant les précédents records du 25 juillet 2019 et du 5 août 2003 (29,4°C).

Un autre record a été battu pour les températures maximales moyenne relevées dans 30 stations de référence qui a atteint 38,2°C mardi, dépassant le précédent record du 5 août 2003 (37,7°C).

En comptant 31 départements en vigilance orange, plus de 90% des Français sont exposés à des chaleurs extrêmes, avec 39 à 41°C encore attendus mercredi dans une grande moitié ouest du pays.

Des feux de forêts inédits se sont déclarés, des centrales nucléaires tournent au ralenti. Pour une dizaine de milliers de candidats au baccalauréat, les épreuves orales ont dû être décalées cette semaine selon l’Education nationale.

Le Louvre et la Tour Eiffel à Paris restreignent les horaires de visite, tout comme l’Atomium Bruxelles.

Près de Quimper, dans l’ouest, des groupes électrogènes doivent être branchés dans des maisons de retraite médicalisées, conséquence d’une panne de transformateur « liée aux fortes chaleurs ».

Environ 68.000 foyers encore concernés par la coupure d’électricité mercredi matin ne pourront être raccordés « au plus tôt » qu' »en fin de journée », selon la préfecture.

– « Des soignants qui crèvent de chaud » –

A situation exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle. Le gouvernement français a annoncé un renforcement de la mobilisation du système de santé même si la situation est pour l’heure « normale » à l’échelle nationale et « l’hôpital pas saturé aujourd’hui », selon sa collègue à la Santé Stéphanie Rist.

La ministre a toutefois noté une « petite augmentation des passages aux urgences », comparable à la hausse des appels au Samu, comprise « entre 15% et 20% ».

Les critiques pleuvent cependant sur l’impréparation des pouvoirs publics, notamment pour isoler dans les bâtiments scolaires et hospitaliers.

La dirigeante du Rassemblement national, Marine Le Pen, s’est emparée du sujet, promettant « un plan massif de climatisation » si elle est élue à la présidentielle de 2027.

La fournaise frappe nombre de bâtiments vétustes.

« Cette semaine dans nos hôpitaux, hormis dans les plus modernes, les patients comme les soignants crèvent de chaud, ils sont à l’agonie », lâche auprès de l’AFP Yann Le Baron, secrétaire national du syndicat Unsa Santé-Sociaux. Les équipes en sont réduites à « la débrouille », utilisant des « couvertures de survie » aux fenêtres ou des climatiseurs mobiles, dit-il.

L’Espagne s’interroge d’ailleurs sur la climatisation de ses hôpitaux, surtout dans le nord où l’on est moins habitué aux fortes chaleurs.

Comme à chaque coup de chaud, les climatiseurs s’arrachent.

Lundi, le groupe français Carrefour recensait 30.000 unités de climatisation écoulées à 18H30, soit « mille fois plus qu’une journée normale » selon son PDG, Alexandre Bompard, sur BFMTV.

Les ventes de la plateforme Amazon ont quasiment doublé et Fnac Darty évoque une « croissance à deux chiffres ». A Mérignac, Thierry, un électricien, se dit dépassé par les demandes « en urgence ».

– « Discussion sensée » –

Au Royaume-Uni, où l’alerte rouge pour chaleur extrême est entrée en vigueur à 08H00 GMT dans plusieurs régions, le réseau électrique est sous pression et le gestionnaire du réseau NESO a mis en garde les industriels signalant de possibles problèmes dans la soirée.

Yana Markevitch, une ingénieure de 33 ans, a lancé une pétition pour permettre aux bailleurs de climatiser les logements. Elle et son mari étouffent dans leur appartement londonien de Mile End d’où ils travaillent.

« Aujourd’hui on a branché un climatiseur mobile qu’on vient juste d’acheter. Cela a rafraîchit notre petit bureau, mais quand il est en marche, c’est presque impossible de travailler dans la pièce. C’est extrêmement bruyant, très lourd, mal commode et cela rafraîchit seulement un petit espace », dit-elle.

Au Royaume-Uni, où des écoles seront moins strictes sur les uniformes, le débat est plus global.

« Je pense qu’il faut qu’on ait une discussion sensée sur la climatisation », dit en écho James Bowen, secrétaire général adjoint à l’Association nationale des dirigeants d’établissements scolaires britanniques.

Une immense masse d’air chaud venue d’Afrique s’est positionnée sur l’Europe de l’Ouest, où de hautes pressions en altitude « viennent peser » sur elle, explique le prévisionniste Sébastien Léas. « Et quand on la comprime (…), on la rend encore plus chaude. »

 

LNT avec Afp

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