L’évolution vers la facturation électronique et la digitalisation des flux financiers représente un enjeu majeur de compétitivité pour les entreprises marocaines et une opportunité considérable pour les directions financières, a souligné, mardi à Casablanca, le directeur général du Centre monétique interbancaire (CMI), Rachid Saihi.
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par plusieurs mutations profondes, notamment la digitalisation des échanges, l’automatisation croissante des processus, le développement de l’intelligence artificielle, l’évolution des usages numériques, ainsi que les nouvelles exigences réglementaires liées à la conformité et à la traçabilité, a fait savoir M. Saihi à l’ouverture de la première édition du Rendez-vous des CFO/DAF du Maroc, organisée autour du thème « E-facture, paiement digital et finance connectée ».
Il a, à cet égard, mis en avant la convergence croissante entre les systèmes financiers, les solutions de gestion d’entreprise, les plateformes bancaires et les infrastructures de paiement. « Demain, une facture pourra être émise, présentée, validée, réglée, rapprochée comptablement, analysée quasiment en temps réel, avec un niveau d’automatisation inédit », a expliqué le DG du CMI, considérant cette transformation comme une opportunité considérable pour les entreprises marocaines.
M. Saihi a également mis en exergue les progrès réalisés par le Maroc dans le domaine du paiement électronique, rappelant qu’en 2003, les flux électroniques domestiques représentaient à peine un milliard de dirhams (MMDH), contre près de 280 MMDH aujourd’hui. Il a fait savoir que les plateformes opérées par le CMI traitent désormais plus de 500 millions d’opérations par an, représentant plus de 320 MMDH de flux financiers.
Pour sa part, le directeur général du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), El Hadi Chaibainou, a estimé que la digitalisation de la facture s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique, affirmant que « le futur, c’est aujourd’hui déjà ».
Rappelant que le Royaume dispose désormais de la stratégie « Maroc Digital 2030 », M. Chaibainou a salué les avancées réalisées en matière de dématérialisation des services publics, notamment grâce aux initiatives de la Direction générale des impôts (DGI) dans les domaines de la déclaration, du paiement et du suivi fiscal en ligne.
Pour lui, cette transformation est le fruit d’une « accélération concertée » impliquant les secteurs public et privé, les banques, les autorités monétaires et l’ensemble des acteurs de l’écosystème financier.
Par ailleurs, M. Chaibainou est revenu sur les retombées positives de la digitalisation sur les citoyens et les entreprises, notamment en matière d’inclusion financière, de simplification des démarches et d’amélioration de la performance, estimant que la fonction de directeur administratif et financier (DAF) gagnerait davantage en importance grâce à l’intelligence artificielle et aux nouvelles technologies, qui lui permettraient de se concentrer davantage sur les dimensions stratégiques et d’accompagnement des entreprises.
Organisée à l’initiative du CMI, cette rencontre a réuni des représentants d’institutions publiques, de banques et d’établissements de paiement, des experts-comptables, des directions financières, des éditeurs de solutions de gestion, des acteurs technologiques ainsi que des entreprises marocaines engagées dans des chantiers de transformation.
LNT avec Map