Musique

Mawazine 2026 : une ouverture éclectique entre tarab, musiques africaines, rap et électro

Par LNT
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Crédits photo : Ahmed Boussarhane/LNT

La 21e édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde a démarré à Rabat et Salé avec une programmation marquée par la diversité des styles et des scènes. Entre la chanson arabe classique, les musiques africaines, le rap francophone, la musique électronique et les expressions amazighes, les premiers concerts ont illustré la vocation du festival à réunir des artistes issus d’horizons variés.

Au Théâtre National Mohammed V, l’artiste syrienne Mayada El Hennawy a ouvert le festival avec un concert placé sous le signe du tarab et de la nostalgie. Accueillie chaleureusement par le public, la chanteuse a interprété plusieurs titres emblématiques de son répertoire, dont « Habena we ethabena », « El Shams », « Kan Ya Makan », « Ana Baashaak » et « Fatet Sana ». L’un des moments les plus marquants de la soirée a été l’interprétation de « Kan Ya Makan », reprise en chœur par l’assistance.

Figure majeure de la chanson arabe depuis les années 1970, Mayada El Hennawy a rappelé, par sa présence sur scène, la place qu’occupe encore le répertoire classique arabe auprès de publics de générations différentes. Son concert a également été marqué par un moment de proximité avec le public lorsqu’elle a arboré le drapeau marocain sur scène.

Sur la scène du Bouregreg, le groupe togolais The Ancestors a proposé un spectacle mêlant reggae, rythmes ouest-africains, chants rituels et percussions traditionnelles. Né d’une résidence artistique entre le Togo, la France et la Jamaïque, le groupe a présenté son « Ancestral Groove », une fusion entre mémoire africaine et sonorités contemporaines. Les messages de paix, d’unité panafricaine et d’émancipation ont rythmé la prestation, portée par le leader Amen Jah Love.

La scène OLM Souissi a, pour sa part, accueilli le rappeur franco-congolais Ninho, qui a lancé les festivités devant un public nombreux. L’artiste a proposé un concert énergique mêlant rap, mélodies urbaines et titres populaires tels que « M.I.L.S 2.0 », « La vie qu’on mène » et « Airmax ». Sa présence en ouverture de cette scène traduit l’attention portée par Mawazine à la scène urbaine internationale et à un public jeune.

Crédits photo : Ahmed Boussarhane/LNT

Le site historique du Chellah a également accueilli plusieurs moments musicaux marquants. L’artiste sénégalaise Senny Camara y a présenté un répertoire mêlant afro-jazz, folk-pop et chants traditionnels, accompagnée de sa kora. À travers des titres en mandingue et en wolof, la chanteuse a mis en avant des thèmes liés à la paix, au vivre-ensemble et à la mémoire des chants de guérison, notamment avec « Bolo », « Dialé », « NIIT » et « Yéné Nala ».

Le Théâtre National Mohammed V a ensuite reçu la chanteuse américaine Macy Gray pour une soirée jazz et soul. L’artiste a revisité plusieurs titres de son répertoire, dont « Witness », « Thinking of You », « Do Something » et « Why Didn’t You Call Me », avant de livrer une reprise de « Creep » de Radiohead. Avec son timbre reconnaissable et une présence scénique marquée, Macy Gray a proposé une prestation mêlant émotion, groove et énergie.

La scène du Bouregreg a poursuivi sa programmation africaine avec Stonebwoy. L’artiste ghanéen a offert un concert associant afrobeats, dancehall, reggae et highlife, dans une mise en scène soulignant la fraternité maroco-ghanéenne. Son entrée accompagnée de percussions de Dakka Marrakchia et de drapeaux marocains et ghanéens a donné le ton d’un spectacle placé sous le signe du dialogue culturel et de l’unité.

À l’OLM Souissi, Major Lazer a livré un concert électro marqué par une forte interaction avec le public. Le groupe, mené par Diplo, a proposé un show mêlant dancehall, afrobeats, pop, dembow, soca, hip-hop et effets visuels. Des titres comme « Cold Water », « Light It Up », « Gasolina » et « Lean On » ont transformé l’esplanade en piste de danse à ciel ouvert.

La chanson amazighe a également occupé une place importante lors de cette édition. Sur la scène de Salé, Aicha Maya et le groupe Rif Experience ont célébré la diversité du patrimoine musical marocain. Aicha Maya, connue pour sa maîtrise du « Tamawayt », a présenté des titres issus du répertoire du Moyen Atlas, tandis que Rif Experience a proposé des morceaux inspirés de l’Izran et de sonorités contemporaines du Rif.

Au Chellah, la chanteuse capverdienne Zulu a offert un voyage musical au cœur de la culture de son pays. À travers la morna, la funaná, la coladeira et le batuque, l’artiste a évoqué l’attachement à la terre natale, la transmission des traditions et la résilience des femmes africaines et capverdiennes. Elle a également rendu hommage à Cesária Évora avec « Petit pays, je t’aime beaucoup », dans un moment particulièrement apprécié par le public.

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