Proche et Moyen Orient

Iran-États-Unis : ouverture en Suisse de négociations destinées à finaliser un accord

Par LNT
détroit ormuz

Des négociations entre l’Iran et les États-Unis se sont ouvertes dimanche à Bürgenstock, en Suisse, avec l’objectif de finaliser un accord destiné à mettre un terme au conflit au Moyen-Orient. Ces discussions interviennent quatre jours après la signature d’un protocole d’accord déjà fragilisé par la reprise des affrontements au Liban.

Réunis sous médiation qatarie et pakistanaise, des représentants américains et iraniens ont entamé les travaux de la première réunion de la commission de haut niveau chargée de transformer le protocole d’accord en un règlement définitif. Le processus doit aboutir, dans un délai initial de 60 jours renouvelables, à un accord global portant notamment sur le programme nucléaire iranien et la stabilisation régionale.

Présent sur place, le vice-président américain JD Vance a qualifié ces pourparlers « d’historiques », exprimant l’espoir qu’ils permettront « de tourner une nouvelle page » et de transformer les relations entre Washington et le peuple iranien.

Les discussions se déroulent toutefois dans un contexte de fortes tensions. Selon la télévision d’État iranienne IRIB, la première session n’a pas abordé la question nucléaire et la délégation iranienne a refusé de poser pour une photographie officielle avec les représentants américains, illustrant la persistance de la méfiance entre les deux pays.

Le dossier libanais continue de peser sur les discussions

Les négociations se tiennent également à l’ombre des violences au Liban. Malgré une clause de l’accord-cadre prévoyant la cessation des hostilités sur l’ensemble des fronts, les affrontements entre Israël et le Hezbollah se sont poursuivis ces derniers jours.

Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 30 morts samedi. Selon les autorités libanaises, les opérations militaires ont causé la mort de 4.106 personnes depuis le début des hostilités en mars, tandis que l’armée israélienne fait état de 36 soldats tués.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a averti qu’aucun accord avec les États-Unis ne serait possible sans un arrêt effectif des hostilités au Liban.

Le président américain Donald Trump a, pour sa part, exhorté l’Iran à « empêcher immédiatement ses groupes affiliés hautement payés au Liban de causer des problèmes », avertissant que Washington pourrait frapper à nouveau l’Iran « très fort » en cas de nouvelles escalades.

Le vice-président américain a néanmoins indiqué avoir constaté « des progrès considérables » ces derniers jours pour assurer le maintien du cessez-le-feu au Liban, évoquant une « trêve fragile » désormais en vigueur.

Les pourparlers de Bürgenstock sont dirigés côté américain par JD Vance et côté iranien par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. L’émissaire américain Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Trump, participent également aux discussions.

Selon M. Vance, les négociations pourraient durer « quelques jours ». Il a réaffirmé que les États-Unis étaient disposés à transformer fondamentalement leurs relations avec Téhéran si celui-ci renonçait durablement à toute ambition nucléaire militaire et cessait de jouer un rôle déstabilisateur dans la région.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a de son côté répété que son pays ne cherchait pas à se doter de l’arme atomique, tout en réaffirmant le droit de l’Iran à l’enrichissement de l’uranium.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a appelé à la prudence, estimant que « l’ennemi a montré qu’il ne tenait pas ses promesses ».

La veille de l’ouverture des négociations, le commandement central de l’armée iranienne avait annoncé une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz au trafic maritime, en réponse aux violations présumées des engagements pris par Israël et les États-Unis.

La réouverture de cette voie maritime stratégique constituait pourtant l’un des éléments centraux du protocole d’accord signé quelques jours auparavant. Le détroit d’Ormuz est un passage essentiel pour le commerce énergétique mondial, par lequel transite environ un cinquième des hydrocarbures de la planète.

En réaction, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient « vigilantes », précisant que 55 navires marchands avaient franchi le détroit de manière sécurisée samedi.

LNT avec AFP

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