L’Iran a annoncé samedi la fermeture du détroit d’Ormuz en réaction à la poursuite des opérations israéliennes au Liban, tout en confirmant la poursuite des discussions avec les États-Unis en vue d’un accord définitif sur la fin du conflit au Moyen-Orient.
Le commandement central de l’armée iranienne a indiqué que « le détroit d’Ormuz sera fermé au trafic maritime » et a présenté cette mesure comme une « première réponse » aux violations présumées des engagements prévus par le protocole d’accord irano-américain signé mercredi dernier. Téhéran a également prévenu que d’autres mesures pourraient être prises afin de contraindre les parties concernées à respecter leurs obligations.
Cette annonce marque un nouveau développement autour de cette voie maritime stratégique, par laquelle transitent habituellement près de 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures. Sa fermeture au début de la guerre, déclenchée le 28 février, avait provoqué une forte hausse des cours du pétrole ainsi que des tensions sur les approvisionnements énergétiques internationaux.
La réouverture du détroit constituait pourtant l’un des points centraux du protocole d’accord conclu entre Washington et Téhéran, lequel prévoit une cessation des hostilités sur l’ensemble des fronts régionaux, notamment au Liban.
En réaction à l’annonce iranienne, le Commandement central américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient « vigilantes ». Selon le Centcom, le trafic maritime n’a pas été interrompu samedi et 55 navires marchands ont traversé le détroit en toute sécurité.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois averti que le protocole initial serait « en danger » si ses dispositions n’étaient pas appliquées rapidement, faisant notamment référence à la situation au Liban.
Malgré les annonces de cessez-le-feu intervenues ces derniers jours, les affrontements se poursuivent entre Israël et le Hezbollah dans le sud du Liban.
Selon les autorités libanaises, les opérations israéliennes ont fait au moins 24 morts samedi, après avoir causé 83 décès la veille. Depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars dernier, le bilan des victimes au Liban s’élève désormais à 4.057 morts, d’après le ministère libanais de la Santé.
L’armée israélienne affirme viser des positions du Hezbollah en représailles à des attaques contre ses troupes. Selon elle, plus de 50 projectiles ont été tirés par le mouvement chiite dans la nuit de vendredi à samedi.
Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, a accusé le Hezbollah de « violer constamment le cessez-le-feu ». Le mouvement pro-iranien a, pour sa part, rejeté ces accusations, affirmant dans un communiqué qu’il restait attaché à la trêve tout en refusant « toute tentative israélienne d’étendre son occupation » et en tenant Israël pour « totalement responsable » des violations observées.
Sur le terrain, l’incertitude demeure forte parmi les populations civiles. « La peur domine chez tout le monde », témoigne Fadi Zayat, un habitant du sud du Liban, expliquant être revenu récemment dans son village avec ses effets personnels prêts à être emportés en cas de nouvelle dégradation de la situation sécuritaire.
Parallèlement à ces tensions, Téhéran et Washington maintiennent le cap des négociations diplomatiques.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé la tenue, dimanche en Suisse, de discussions techniques entre responsables iraniens et américains, en présence de représentants du Qatar et du Pakistan, deux pays médiateurs dans ce dossier.
Selon des médias officiels iraniens, une délégation de négociateurs a quitté Téhéran samedi à destination de la Suisse. Des discussions préparatoires ont d’ailleurs débuté dès samedi, selon les autorités suisses.
Le Pakistan a confirmé la tenue de ces pourparlers techniques. Son ministre de l’Intérieur est arrivé samedi en Iran dans le cadre des efforts de médiation entrepris par Islamabad, qui joue un rôle central dans le rapprochement entre Washington et Téhéran.
Le vice-président américain, JD Vance, a indiqué que l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, se trouvaient déjà en Suisse afin de traiter les aspects techniques de la négociation. M. Vance a également affirmé s’attendre à se rendre « dans les prochains jours » en Suisse.
Le protocole signé mercredi prévoit l’ouverture de négociations d’une durée de soixante jours afin de parvenir à un accord définitif. Les discussions devraient porter principalement sur le programme nucléaire iranien ainsi que sur les modalités de mise en œuvre des engagements pris par les différentes parties.
LNT avec AFP
