Finance

Banque mondiale – Maroc : 650 millions de dollars pour la transformation numérique et la résilience climatique

Par LNT
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Le siège de la Banque mondiale à Washington, le 19 janvier 2022

La Banque mondiale a approuvé un financement global de 650 millions de dollars destiné à soutenir deux chantiers stratégiques du Maroc : l’accélération de la transformation numérique et le renforcement de la résilience face aux risques climatiques, aux catastrophes naturelles et aux cybermenaces.

Annoncée dans un communiqué de l’institution financière internationale, cette enveloppe se répartit entre un programme de 250 millions de dollars consacré à la transformation numérique et un second de 400 millions de dollars dédié au financement du climat et à la gestion des risques.

Selon la Banque mondiale, ces deux initiatives visent à accompagner les priorités de développement du Royaume tout en mobilisant davantage de capitaux privés au service de l’investissement et de l’innovation.

Le premier programme, doté de 250 millions de dollars, doit soutenir la mise en œuvre de la stratégie nationale « Maroc Digital 2030 ». L’objectif est d’accélérer la numérisation des services publics, de renforcer l’écosystème des startups et de favoriser le développement des compétences numériques.

La Banque mondiale précise que ce financement contribuera notamment à généraliser les services publics numériques centrés sur l’utilisateur, à accompagner la migration des administrations vers des infrastructures cloud et à encourager l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Le programme prévoit également un appui à la transformation numérique des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), ainsi qu’au développement du secteur de l’externalisation, considéré comme un important gisement de création d’emplois.

L’institution de Bretton Woods souligne que cette initiative, élaborée en étroite concertation avec les autorités marocaines, vise des résultats mesurables à l’horizon 2031, avec une attention particulière portée à l’inclusion des jeunes et des femmes dans l’économie numérique.

Le projet ambitionne notamment de faciliter l’accès aux services publics à travers un portail national unifié, afin de réduire les démarches administratives physiques et d’améliorer l’expérience des usagers.

Soutenir l’innovation et mobiliser les capitaux privés

Au-delà de la modernisation des services publics, le programme entend renforcer les capacités d’innovation technologique du pays.

La Banque mondiale indique que des mécanismes de partage des risques soutenus par l’État devraient permettre de mobiliser près de 200 millions de dollars de capitaux privés destinés au financement des startups et à l’accompagnement de la digitalisation des PME.

Le dispositif prévoit également le développement de centres d’excellence spécialisés dans l’intelligence artificielle, ainsi que le renforcement des compétences numériques afin de répondre aux besoins croissants du marché du travail.

Le second programme, doté de 400 millions de dollars, vise à renforcer la résilience financière du Maroc face aux risques climatiques, aux catastrophes naturelles et aux cyberattaques.

Selon la Banque mondiale, cette initiative permettra de développer des instruments d’assurance dédiés aux catastrophes et aux cyber-risques, tout en renforçant les capacités institutionnelles du pays en matière de gestion des risques.

Le programme prévoit également l’amélioration des infrastructures de paiement numérique afin de faciliter les flux financiers en période de crise et de renforcer la capacité de réaction des autorités face aux chocs économiques ou climatiques.

Dans le même temps, les autorités de régulation financière bénéficieront d’un accompagnement destiné à renforcer la supervision des risques climatiques et cybernétiques pesant sur les secteurs bancaire et assurantiel.

L’un des volets majeurs de ce programme concerne la mobilisation de financements privés en faveur des infrastructures liées à la transition énergétique et à l’adaptation climatique.

À cet effet, une facilité de préparation de projets sera mise en place afin de constituer un portefeuille de projets jugés viables sur le plan commercial dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les transports durables et les infrastructures hydrauliques.

Au cours des cinq prochaines années, la Banque mondiale estime que ce programme pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars d’investissements privés supplémentaires.

L’objectif est également de mettre en place jusqu’à un milliard de dollars de financements prédéterminés destinés à être mobilisés rapidement en cas de catastrophe majeure, tout en élargissant la couverture contre les cyber-risques à au moins vingt institutions financières.

Cité dans le communiqué, Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, a souligné que ces deux programmes s’inscrivent au cœur des priorités de transformation du Royaume.

« Ces deux nouveaux programmes s’inscrivent au cœur des priorités de transformation du Maroc : une économie dynamisée par le numérique, un écosystème d’innovation dynamique et une nation financièrement résiliente, capable de gérer les risques climatiques, les catastrophes et les cyber-risques d’un monde en mutation rapide », a-t-il déclaré.

Selon lui, ces initiatives contribueront à bâtir « une architecture intégrée pour la prochaine décennie du Maroc », en favorisant la mobilisation de capitaux privés, la création d’emplois pour les jeunes et les femmes ainsi que la mise en œuvre des engagements climatiques du Royaume.

LNT

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