Accord entre Washington et Téhéran : vers la fin de la guerre au Moyen-Orient, les marchés bondissent

Par LNT
détroit ormuz

Les États-Unis et l’Iran ont annoncé lundi être parvenus à un accord destiné à mettre un terme à la guerre qui secoue le Moyen-Orient depuis plusieurs mois. L’annonce, qui ouvre la voie à une signature officielle prévue vendredi à Genève, a immédiatement provoqué une forte détente sur les marchés énergétiques et un rebond marqué des places boursières mondiales.

L’information a été révélée dans un premier temps par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays a joué un rôle de médiateur dans les discussions entre Washington et Téhéran.

Quelques minutes plus tard, le président américain Donald Trump a confirmé la conclusion de l’accord sur son réseau Truth Social. « L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé », a-t-il déclaré, annonçant notamment la réouverture du détroit d’Ormuz ainsi que la levée du blocus naval américain imposé depuis le début du conflit.

Le dirigeant américain a précisé que la réouverture du détroit stratégique interviendrait après la signature officielle du texte afin de permettre les opérations de déminage nécessaires à la reprise du trafic maritime.

Un accord encore partiellement dévoilé

Si le contenu intégral du document n’a pas encore été rendu public, les autorités iraniennes ont confirmé que le texte prévoit « la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur tous les fronts », y compris au Liban.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a indiqué que les deux parties disposeront désormais d’une période de 60 jours pour négocier un accord plus global portant sur plusieurs dossiers sensibles, notamment la levée des sanctions, le programme nucléaire iranien, la reconstruction économique et la mise en place d’un mécanisme de suivi des engagements réciproques.

Selon plusieurs médias iraniens, dont l’agence Mehr, les discussions auraient également porté sur le déblocage progressif de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger.

Donald Trump a pour sa part laissé entendre qu’un compromis pourrait être trouvé autour d’un moratoire de longue durée sur l’enrichissement de l’uranium par l’Iran, sujet qui demeure l’un des principaux points de divergence entre les deux pays.

Réactions contrastées à l’international

L’annonce a été largement saluée par plusieurs acteurs internationaux.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a qualifié l’accord « d’étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit ».

Le président du Conseil européen, António Costa, s’est félicité de la perspective de voir s’achever une « guerre coûteuse » qui a lourdement pesé sur l’économie mondiale et la stabilité régionale.

La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie ont également réagi favorablement. Dans une déclaration commune, les quatre pays ont indiqué être prêts à envisager une levée progressive des sanctions liées au programme nucléaire iranien en échange de mesures « claires, vérifiables et durables » de la part de Téhéran.

Le président français Emmanuel Macron a souligné qu’un « cessez-le-feu robuste et durable » restait indispensable, notamment au Liban, l’un des principaux théâtres du conflit.

En Israël, les réactions apparaissent plus réservées. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite israélienne, a affirmé que « l’accord de Trump ne nous engage pas », plaidant pour la poursuite des opérations militaires contre le Hezbollah au Liban.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’avait pas encore officiellement réagi au moment de la diffusion des premières informations, dans un contexte de tensions croissantes avec l’administration américaine.

Entre espoir et prudence à Téhéran et Beyrouth

Dans les rues de Téhéran, l’annonce a suscité des réactions mêlant espoir et prudence.

« J’espère que l’accord principal sera signé, que les sanctions seront levées et que l’économie pourra redémarrer », a confié à l’AFP Erfan, un jeune commerçant de 18 ans.

D’autres voix se montrent plus critiques. Hossein Hagh Parast, employé de banque de 31 ans, estime que « le peuple reste profondément insatisfait » malgré l’accord, en raison des pertes humaines subies pendant la guerre.

Au Liban, plusieurs habitants déplacés par les combats évoquent déjà un retour possible dans leurs régions d’origine. Certains voient dans cet accord une opportunité de reconstruction après plusieurs mois de violences et de destructions.

Les marchés accueillent favorablement l’annonce

L’impact économique de l’accord a été immédiat.

Les prix du pétrole ont fortement reculé dans la foulée de l’annonce. Le Brent de la mer du Nord perdait plus de 4,5 % pour revenir autour de 83 dollars le baril, tandis que le pétrole américain WTI reculait de plus de 5 %, autour de 80 dollars.

Cette détente reflète les anticipations des investisseurs quant à une reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite habituellement près de 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures.

Les marchés boursiers asiatiques ont également réagi avec enthousiasme.

À Tokyo, l’indice Nikkei a clôturé en hausse de près de 5 %, tandis que l’indice Topix gagnait plus de 3 %. À Séoul, l’indice Kospi a bondi de plus de 5 %, porté par les valeurs industrielles et technologiques. Les marchés de Sydney, Taipei et Hong Kong ont également terminé en nette progression.

Pour les analystes, les investisseurs saluent avant tout la réduction de la prime de risque géopolitique qui pesait sur les marchés depuis le début de la guerre.

Une étape décisive mais encore fragile

Malgré l’optimisme affiché par les différentes parties, plusieurs observateurs soulignent que de nombreuses questions demeurent en suspens.

La mise en œuvre effective des engagements, les garanties concernant le programme nucléaire iranien, la levée des sanctions et la stabilisation durable du Liban constitueront les principaux défis des prochaines semaines.

La cérémonie de signature prévue vendredi à Genève devrait permettre d’apporter davantage de précisions sur le contenu de l’accord et sur les mécanismes envisagés pour assurer sa pérennité.

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