Finance

Inforisk renforce son offre autour de la donnée d’entreprise

Par LNT
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Dans un environnement économique marqué par l’accélération de la digitalisation, le développement de l’intelligence artificielle et le renforcement des exigences réglementaires, la maîtrise de la donnée devient un enjeu stratégique pour les entreprises. C’est dans ce contexte qu’Inforisk, spécialiste marocain de la Smart Data B2B et partenaire du réseau mondial Dun & Bradstreet, a dévoilé à Casablanca trois nouvelles solutions destinées à accompagner les entreprises, les banques et les institutions dans la gestion des risques, la conformité et le pilotage de leur activité.

La donnée, un actif stratégique dans une économie en mutation

En ouverture de la conférence, Khalid Ayouch, président-directeur général d’Inforisk, a souligné que les entreprises évoluent aujourd’hui dans un environnement caractérisé par une croissance des échanges, une ouverture accrue de l’économie et l’apparition de nouveaux risques liés à la mondialisation et à la digitalisation.

Selon lui, les organisations doivent désormais répondre à plusieurs impératifs simultanés : identifier avec précision leurs partenaires, sécuriser leurs transactions, renforcer leurs dispositifs de connaissance client et de conformité, tout en anticipant les risques financiers et juridiques. « Les entreprises marocaines sont confrontées à des exigences de plus en plus fortes en matière de transparence et de maîtrise du risque », a-t-il déclaré, rappelant notamment l’importance des standards internationaux de conformité et de lutte contre le blanchiment de capitaux.

Le dirigeant a également insisté sur la place grandissante de la donnée dans les modèles économiques contemporains. Pour lui, la donnée d’entreprise doit désormais être considérée comme une véritable matière première industrielle. « Tous les jours, nous collectons, structurons, fiabilisons et enrichissons des informations qui alimentent ensuite des plateformes, des logiciels et des modèles d’analyse », a-t-il expliqué.

Cette approche est d’autant plus importante, selon lui, que le développement de l’intelligence artificielle repose avant tout sur la qualité des données disponibles. « Sans donnée fiable, structurée et mise à jour, il ne peut pas y avoir d’intelligence artificielle créatrice de valeur », a-t-il souligné.

Créée en 2005, Inforisk revendique aujourd’hui plus de 2.000 clients actifs, dont près de 60 % des 1.000 principales entreprises du Maroc. L’entreprise travaille également avec des banques, des compagnies d’assurance, des institutions publiques et des organismes internationaux.

Présentant les principaux indicateurs de l’entreprise, Amine Diouri, directeur produits, marketing stratégique et communication, a indiqué qu’Inforisk dispose d’une base de données couvrant près de 950.000 sociétés marocaines, enrichie par plus de 2,5 millions de bilans collectés depuis vingt ans. À cela s’ajoutent plus de 200.000 événements juridiques et économiques traités régulièrement ainsi qu’un important travail de mise à jour réalisé quotidiennement.

Le responsable a également rappelé que l’entreprise bénéficie de son intégration au réseau Dun & Bradstreet via sa joint-venture avec Altares. Cette connexion donne accès à une base mondiale couvrant plus de 600 millions d’entreprises dans 220 pays ainsi qu’à plusieurs milliards de données économiques. « Cela permet aux entreprises marocaines de trouver, d’évaluer et de sécuriser leurs relations avec des partenaires internationaux », a-t-il précisé.

Une cartographie de 12.000 groupes marocains

La première solution dévoilée concerne la cartographie des groupes d’entreprises. Baptisée « Solution Groupes », elle vise à offrir une vision consolidée des structures capitalistiques et des risques associés.

Amine Diouri a expliqué que les équipes d’Inforisk ont reconstitué les liens directs et indirects existant entre les entreprises marocaines afin d’identifier plus de 12.000 groupes économiques. Cette cartographie permet aux banques, directions financières et responsables du crédit d’obtenir une vision globale des risques plutôt qu’une lecture limitée à une seule entité juridique.

Selon lui, cette approche répond à un besoin croissant de consolidation de l’information. Une entreprise peut en effet présenter une situation financière satisfaisante prise isolément, alors que son groupe d’appartenance affiche un niveau d’endettement plus élevé ou des fragilités particulières. « L’objectif est de passer d’une vision unitaire à une vision consolidée du risque », a-t-il expliqué.

Cette cartographie peut également être utilisée à des fins de développement commercial, en permettant aux entreprises d’identifier l’ensemble des filiales appartenant à un même groupe.

Conformité : des exigences réglementaires renforcées

La deuxième solution présentée porte sur la conformité réglementaire. Elle intègre désormais des fonctionnalités avancées de vérification des bénéficiaires effectifs, de détection des personnes politiquement exposées (PEP), de contrôle des listes de sanctions internationales et d’analyse de la presse négative.

Amine Diouri a rappelé que ces obligations concernent aujourd’hui un nombre croissant d’acteurs, notamment les banques, les compagnies d’assurance, les experts-comptables, les cabinets juridiques ou encore certaines professions réglementées.

Selon les données présentées, Inforisk dispose actuellement d’informations sur plus de 800.000 bénéficiaires effectifs au Maroc et s’appuie sur les bases internationales de Dun & Bradstreet pour étendre ses vérifications au-delà des frontières nationales.

Khalid Ayouch a, pour sa part, souligné que la conformité est devenue un élément structurant de l’attractivité économique. Selon lui, le renforcement de la transparence contribue à consolider la crédibilité du Maroc auprès des investisseurs et des partenaires internationaux.

Le poste clients, un enjeu financier majeur

La troisième innovation concerne la gestion du poste clients et du recouvrement, un sujet particulièrement sensible pour les entreprises.

Amine Diouri a rappelé que les créances clients peuvent représenter jusqu’à 50 % du bilan de certaines PME et que de nombreuses entreprises ne disposent pas des ressources nécessaires pour suivre l’ensemble de leurs débiteurs. Selon lui, près de 90 % des entreprises ne relancent pas systématiquement tous leurs clients en retard de paiement.

La plateforme développée par Inforisk combine données économiques, automatisation et intelligence artificielle afin de permettre aux entreprises de suivre en temps réel l’évolution du risque client, de segmenter leur portefeuille et d’automatiser certaines actions de recouvrement.

Selon les estimations présentées, cette solution pourrait contribuer à réduire les retards de paiement de 30 % et à améliorer significativement la productivité des équipes concernées.

L’intelligence artificielle comme accélérateur, mais pas comme substitut

Interrogés sur l’impact de l’intelligence artificielle sur leur activité, les responsables d’Inforisk ont insisté sur la complémentarité entre technologie et expertise humaine.

Khalid Ayouch a expliqué que les nouveaux modèles d’IA permettent d’analyser des volumes de données beaucoup plus importants et d’améliorer la précision des outils d’évaluation des risques. Toutefois, il a rappelé que les résultats produits par ces systèmes restent dépendants de la qualité des informations collectées et des mécanismes de contrôle mis en place.

Amine Diouri a abondé dans le même sens en soulignant que les modèles développés par l’entreprise font l’objet de vérifications régulières afin de garantir leur cohérence et leur pertinence. « L’intelligence artificielle améliore la capacité d’analyse, mais elle ne remplace pas l’expertise humaine », a-t-il affirmé.

Selim Benabdelkhalek

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