Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sera candidat aux prochaines élections législatives prévues cette année en Israël. L’annonce, confirmée par son parti, le Likoud, intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le dirigeant israélien, confronté à une érosion de sa popularité, à une contestation politique croissante et à de vives critiques sur sa gestion des conflits qui secouent la région depuis près de trois ans.
À 76 ans, Netanyahu entend briguer un nouveau mandat alors que son bilan est plus contesté que jamais. Les élections à venir seront les premières depuis les événements du 7 octobre 2023 et le génocide qui a suivi dans la bande de Gaza, conflit qui a profondément marqué la société israélienne et détérioré l’image du gouvernement sur la scène internationale.
Si le chef du gouvernement continue de mettre en avant les impératifs sécuritaires et la lutte contre les ennemis d’Israël, une partie croissante de l’opinion publique lui reproche d’avoir conduit le pays dans une spirale de conflits quasi permanente. Les guerres successives à Gaza, au Liban et les récentes tensions avec l’Iran ont alimenté les critiques contre une stratégie jugée par certains observateurs comme incapable d’apporter une stabilité durable à la région.
Les difficultés de Netanyahu ne se limitent pas au terrain militaire. À l’intérieur du pays, son gouvernement est accusé par ses opposants d’affaiblir les institutions démocratiques israéliennes. Depuis plusieurs mois, les affrontements entre l’exécutif et le pouvoir judiciaire se multiplient autour de réformes controversées visant à réduire les prérogatives de la Cour suprême et du système judiciaire. Des magistrats et responsables institutionnels ont mis en garde contre ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de l’équilibre démocratique israélien.
Par ailleurs, Netanyahu reste confronté à plusieurs procédures judiciaires pour corruption, dossiers qui continuent de peser sur sa carrière politique et qui nourrissent les accusations selon lesquelles son maintien au pouvoir serait également motivé par des considérations personnelles.
Les sondages publiés ces dernières semaines témoignent d’un climat défavorable au Premier ministre. Plusieurs enquêtes d’opinion indiquent qu’une majorité d’Israéliens souhaite son départ et que la coalition actuellement au pouvoir pourrait perdre sa majorité au Parlement lors du prochain scrutin. Certains sondages montrent également que d’anciens dirigeants comme Naftali Bennett bénéficient désormais d’une confiance supérieure à celle de Netanyahu auprès de l’électorat israélien.
Face à cette fragilité, l’opposition tente de s’organiser. Les anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yair Lapid ont récemment annoncé une alliance électorale destinée à mettre fin à la longue domination politique de Netanyahu. Les deux hommes présentent le scrutin à venir comme un référendum sur l’héritage du dirigeant israélien et sur sa gestion des crises sécuritaires qui ont marqué son mandat.
Malgré ces vents contraires, Benjamin Netanyahu demeure un redoutable stratège politique. Le dirigeant le plus durable de l’histoire d’Israël espère encore convaincre l’électorat que son expérience et sa fermeté constituent les meilleures garanties face aux menaces régionales. Mais pour la première fois depuis longtemps, sa reconduction apparaît loin d’être acquise et le scrutin s’annonce comme l’un des plus incertains et des plus polarisés de l’histoire récente du pays.
LNT
