Le Maroc a réaffirmé son engagement en faveur du renforcement du mécanisme de l’Examen périodique universel (EPU), à l’occasion de l’ouverture, vendredi à Rabat, d’une retraite de réflexion consacrée à l’avenir de ce dispositif des Nations unies dédié à l’évaluation de la situation des droits de l’Homme dans les États membres.
Organisée sous le thème « Au-delà du 4e cycle de l’EPU : renforcer le processus pour un impact transformateur sur les droits de l’Homme », cette rencontre réunit pendant deux jours des représentants d’institutions nationales, d’organisations internationales et d’acteurs spécialisés dans le domaine des droits humains afin d’examiner les perspectives d’évolution du mécanisme.
À cette occasion, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Omar Zniber, a mis en avant l’implication du Royaume dans le développement de l’Examen périodique universel depuis sa création en 2006.
Selon lui, le Maroc a joué un rôle actif dans la mise en place de ce mécanisme ainsi que dans le développement des outils destinés à accompagner sa mise en œuvre. Il a rappelé que le Royaume a également contribué à travers un soutien financier et technique, fondé sur sa conviction quant à l’importance de ce processus pour la promotion des droits humains à l’échelle internationale.
Dans son intervention, Omar Zniber a souligné que l’un des principes fondamentaux de l’Examen périodique universel réside dans l’implication des différentes parties prenantes au niveau national lors de l’élaboration des rapports consacrés à la situation des droits de l’Homme.
Il a ainsi insisté sur la nécessité d’associer les institutions gouvernementales, les parlements, les médiateurs, les organismes de lutte contre la corruption ainsi que l’ensemble des acteurs concernés à ce processus.
Le diplomate a également mis l’accent sur l’importance de disposer de mécanismes nationaux chargés du suivi et de la mise en œuvre des recommandations issues de l’EPU. Il a indiqué que cette question figure parmi les principales recommandations formulées par le Maroc dans le cadre du cycle actuel de l’Examen périodique universel.
Selon lui, le développement de la coopération entre les différents mécanismes nationaux constitue également un levier important pour renforcer l’efficacité du dispositif.
Omar Zniber a par ailleurs plaidé pour une réflexion approfondie sur l’impact des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle sur les droits de l’Homme.
S’il a reconnu les opportunités offertes par ces outils dans différents domaines, il a également souligné les défis qu’ils soulèvent, notamment en matière de protection de la vie privée, de lutte contre les discriminations et de prévention de la diffusion de contenus haineux ou xénophobes.
Selon lui, ces évolutions technologiques nécessitent une attention particulière afin de garantir qu’elles contribuent à la promotion des droits fondamentaux plutôt qu’à leur remise en cause.
Prenant la parole lors de cette rencontre, la cheffe de la division de l’EPU au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, Juliette de Rivero, a estimé que ce mécanisme a démontré son efficacité en tant qu’outil d’évaluation de la situation des droits humains à travers le monde.
Elle a souligné que l’Examen périodique universel constitue également une plateforme unique de coopération et d’échange d’expériences entre les États, permettant d’aborder les questions liées aux droits de l’Homme dans une logique de responsabilité partagée et de recherche de solutions concrètes.
De son côté, la directrice exécutive de l’organisation non gouvernementale UPR Info, Mona M’Bikay, a présenté les résultats d’une consultation menée en partenariat avec la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH) auprès de différents acteurs impliqués dans le processus.
Selon les conclusions de cette enquête, les participants considèrent majoritairement l’EPU comme un instrument permettant de définir des orientations claires en matière de droits humains et de favoriser des changements au niveau national.
Elle a toutefois souligné l’importance de traduire les recommandations formulées dans le cadre de ce mécanisme en actions concrètes et durables afin d’en renforcer l’impact.
Cette retraite de réflexion est organisée par la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme et l’ONG UPR Info.
LNT
