Dans un contexte économique marqué par la multiplication des incertitudes géopolitiques, financières et commerciales, Coface a officiellement lancé au Maroc sa solution d’information d’entreprise URBA360, un outil destiné à aider les entreprises à mieux évaluer leurs partenaires, anticiper les risques et sécuriser leurs décisions de développement.
À travers cette plateforme, Coface entend mettre à disposition des acteurs économiques marocains une base d’informations couvrant plus de 250 millions d’entreprises dans 197 pays. L’objectif affiché est de fournir une vision globale de la situation financière, du comportement de paiement, du contexte sectoriel et du risque pays des entreprises, afin de faciliter la prise de décision dans un environnement de plus en plus complexe.
Ouvrant la conférence de lancement, Benoît Ganzmann, Country Manager Maghreb, Afrique centrale et Afrique de l’Ouest de Coface, a souligné que les entreprises évoluent désormais dans un monde où « les repères économiques se complexifient » et où les risques géopolitiques, financiers ou climatiques doivent être intégrés de manière permanente dans les stratégies de développement.
Selon lui, les entreprises ne peuvent plus se contenter de réagir aux évolutions de leur environnement. « Elles doivent anticiper, analyser et décider plus vite, avec un niveau d’exigence toujours plus élevé », a-t-il déclaré, estimant que l’accès à une information fiable, structurée et immédiatement exploitable est devenu un élément central de la compétitivité.
Pour Coface, le lancement de cette solution intervient dans un contexte particulier pour le Royaume. Benoît Ganzmann a relevé que le Maroc connaît une dynamique économique soutenue, portée par des réformes structurelles et une ouverture accrue sur les marchés internationaux. Cette évolution s’accompagne toutefois de nouveaux défis pour les entreprises, appelées à mieux maîtriser leurs risques commerciaux et à sécuriser leurs relations d’affaires.
« Ce qui crée de la valeur, ce n’est pas seulement l’accès à l’information, mais la capacité à la qualifier, à la contextualiser et à la rendre utile pour la décision », a-t-il affirmé. Il a ajouté que l’ambition de Coface est de permettre aux entreprises marocaines de « renforcer leurs capacités d’anticipation, sécuriser leur développement et prendre des décisions plus rapides, plus éclairées et plus sereines ».
Présentant plus en détail la plateforme, Youssef Megzari, Manager Business Information chez Coface Maghreb, a replacé cette initiative dans l’évolution récente de l’économie mondiale. Selon lui, l’environnement international est aujourd’hui caractérisé par un ralentissement de la croissance, une inflation encore présente dans plusieurs économies, des tensions commerciales persistantes et une volatilité accrue des marchés.
Dans ce contexte, a-t-il expliqué, « gouverner, c’est savoir », soulignant que l’accès à l’information constitue désormais un levier essentiel pour la gestion des risques clients, fournisseurs et marchés.
Le responsable a rappelé que Coface s’appuie sur près de 80 ans d’expérience dans l’assurance-crédit et la gestion des risques commerciaux. Présente dans plus de 100 pays, l’entreprise évalue chaque année 162 économies et dispose d’une base de données couvrant 250 millions d’entreprises à travers le monde.
Youssef Megzari a également souligné que l’économie marocaine a profondément évolué au cours des dernières décennies. Selon lui, les risques auxquels sont confrontées les entreprises ne relèvent plus principalement des aléas climatiques, mais d’un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques, les fluctuations du commerce international et l’évolution rapide des marchés.
L’une des principales caractéristiques d’URBA360 réside dans son système de notation des entreprises. Coface attribue à chaque société un score allant de 0 à 10, destiné à mesurer sa probabilité de défaut de paiement sur un horizon de douze mois.
Cette notation s’appuie sur plusieurs critères, parmi lesquels la situation financière de l’entreprise, son historique de paiement, son secteur d’activité ainsi que les risques économiques du pays dans lequel elle opère.
La plateforme intègre également un indice de comportement de paiement, fondé sur les informations collectées par Coface dans le cadre de son activité d’assureur-crédit. Selon Youssef Megzari, cet indicateur permet d’identifier les éventuels retards de paiement vis-à-vis des fournisseurs et constitue souvent un signal précoce de difficultés financières.
« Le premier retard de paiement est généralement le premier signal d’alerte », a-t-il expliqué, indiquant que les analyses réalisées par Coface montrent qu’un incident de paiement peut accroître significativement le risque de défaillance d’une entreprise.
Outre les données financières détaillées, la solution propose des analyses sectorielles, des évaluations du risque pays ainsi qu’un système de surveillance continue permettant aux utilisateurs d’être informés des évolutions affectant les entreprises qu’ils suivent.
Selon Coface, URBA360 s’adresse aussi bien aux grandes entreprises qu’aux PME, aux banques et aux institutions financières. La plateforme peut être utilisée directement via une interface en ligne, intégrée aux systèmes d’information des entreprises grâce à des interfaces API ou encore déployée sur des portefeuilles complets de clients ou de fournisseurs.
Les responsables de Coface ont insisté sur le fait que l’outil constitue avant tout une solution d’aide à la décision. Il ne remplace pas les mécanismes d’assurance-crédit mais fournit aux utilisateurs des éléments d’analyse leur permettant d’ajuster leur exposition au risque et de mieux sélectionner leurs partenaires commerciaux.
Interrogés sur la fréquence de mise à jour des données, ils ont précisé que les informations ne reposaient pas uniquement sur les états financiers publiés annuellement. Les équipes de Coface assurent un suivi continu grâce aux informations remontant de leurs activités d’assurance-crédit, des incidents de paiement, des déclarations de sinistres ou encore des enquêtes réalisées par leurs analystes.
Les responsables de Coface ont également mis en avant la dimension internationale du dispositif. Le groupe s’appuie sur un réseau de centres d’information et d’analystes répartis à travers le monde afin d’assurer la collecte, la vérification et l’actualisation des données.
Une attention particulière est portée à l’Afrique subsaharienne, où Coface dispose d’équipes dédiées à la production et à la vérification de l’information économique, dans des marchés où les données publiques peuvent parfois être moins accessibles.
Selim Benabdelkhalek
