Les discussions engagées entre l’Iran et les États-Unis en vue d’un accord destiné à consolider la trêve en vigueur depuis le 8 avril se poursuivent, mais plusieurs points de désaccord demeurent, selon des déclarations et informations relayées ces derniers jours par les deux parties.
D’après des sources citées par l’AFP, un projet de protocole d’accord prévoirait notamment une prolongation de 60 jours du cessez-le-feu actuellement en vigueur. Toutefois, aucun accord définitif n’a encore été conclu.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a confirmé que les échanges se poursuivaient avec Washington, tout en soulignant que Téhéran souhaitait parvenir à une cessation des hostilités sur l’ensemble des fronts régionaux, notamment au Liban.
De son côté, le président américain Donald Trump a indiqué qu’une décision pourrait intervenir prochainement. Il a toutefois réaffirmé plusieurs exigences américaines, notamment l’ouverture du détroit d’Ormuz au trafic maritime international et l’abandon définitif de toute perspective d’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran.
« L’Iran doit accepter qu’il n’aura jamais d’arme nucléaire », a déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social, ajoutant que le stock iranien d’uranium hautement enrichi devrait être détruit.
Le détroit d’Ormuz au cœur des discussions
La question du détroit d’Ormuz demeure l’un des principaux points de friction entre les deux pays. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite une part importante du commerce mondial d’hydrocarbures, fait l’objet de revendications contradictoires depuis le début du conflit.
Donald Trump a demandé que le détroit soit « ouvert immédiatement » et déminé. Selon des informations relayées par le média américain Axios, les États-Unis pourraient en contrepartie lever le blocus imposé aux ports iraniens et assouplir certaines sanctions visant les exportations pétrolières iraniennes.
Téhéran affiche toutefois une position plus réservée. Des sources citées par les agences iraniennes Fars et Tasnim ont indiqué que le projet d’accord actuellement discuté ne prévoit pas une ouverture totalement libre du détroit et que plusieurs modalités restent à négocier.
Le député iranien Alireza Salimi a également déclaré que la gestion du détroit relevait exclusivement de l’Iran et du Sultanat d’Oman, estimant que ces deux pays étaient seuls habilités à prendre des décisions concernant cette zone stratégique.
Parmi les demandes formulées par Téhéran figure également le déblocage d’une partie de ses avoirs financiers gelés à l’étranger. Selon des médias iraniens, environ 24 milliards de dollars seraient concernés dans une première phase.
Des sources citées par l’agence Fars ont affirmé qu’une partie de ces fonds devrait être mise à disposition dès l’annonce d’un éventuel protocole d’accord. Donald Trump a néanmoins déclaré qu’aucun transfert financier n’était prévu à ce stade.
Le dossier nucléaire reste sensible
La question nucléaire demeure le principal sujet de désaccord entre les deux pays. Les États-Unis et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran continue de démentir.
Selon Esmaïl Baghaï, les discussions en cours portent avant tout sur les conditions d’un accord de cessez-le-feu durable et non sur le programme nucléaire iranien, que Téhéran souhaiterait traiter dans une phase ultérieure des négociations.
Washington maintient cependant que cette question constitue un élément central de tout accord futur.
La diplomatie iranienne insiste également sur la nécessité d’obtenir des garanties solides quant au respect des engagements américains. Les autorités iraniennes rappellent régulièrement le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire de 2015, décidé lors du premier mandat de Donald Trump.
Selon plusieurs médias iraniens, Téhéran souhaiterait qu’un éventuel accord définitif bénéficie d’un cadre juridique international renforcé, notamment à travers une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies.
Dans ce contexte, les déclarations récentes des responsables américains témoignent d’une prudence persistante. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que les États-Unis disposaient toujours des capacités nécessaires pour reprendre les hostilités si les négociations échouaient, tout en réaffirmant la volonté de Washington de parvenir à un accord répondant à ses « lignes rouges ».
LNT avec AFP
