La tomate marocaine serait à un nouveau tournant. La ville d’Agadir vient à cet effet d’abriter la 6ème édition du Morocco Tomato Conference, un rendez-vous professionnel majeur réunissant producteurs, exportateurs, experts, chercheurs, fournisseurs de solutions et autres décideurs autour d’une question centrale : comment renforcer la compétitivité de la filière marocaine de la tomate dans un environnement international de plus en plus complexe et exigeant ?
Placée sous le thème « Façonner un avenir durable pour le commerce de la tomate », ce rendez-vous revêt une importance particulière au regard de la place qu’occupe la tomate marocaine sur les marchés mondiaux. Le Maroc figure en effet parmi les principaux exportateurs mondiaux de tomates fraîches, tandis que la région Souss-Massa constitue le cœur de la production sous serre et la principale base d’exportation. Dès lors, les enjeux de la filière ne se limitent plus à l’amélioration de la production, mais englobent également la protection des marchés, le renforcement de la compétitivité et l’adaptation à des exigences commerciales, sanitaires et techniques de plus en plus élevées.
Pour l’organisation, l’édition 2026 marque ainsi une évolution qualitative dans l’approche du congrès et l’accent n’est plus uniquement mis sur l’innovation technique et l’amélioration des rendements sous serre, mais s’élargit aux questions structurelles qui déterminent l’avenir de la filière. Et de noter que ces questions concernent notamment la pression des marchés, la position du Maroc dans ses relations avec l’UE, les risques viraux et phytosanitaires, la problématique de la main-d’œuvre, la comparaison avec des modèles internationaux réussis, ainsi que la nécessité de bâtir un système de production plus résilient et durable.
Lors de cette rencontre, les participants ont consacré un important volet aux tendances du marché et au positionnement commercial du Maroc, avec la participation d’experts et de représentants d’institutions spécialisées dans la veille économique, les relations commerciales et le secteur agricole européen.
Par la même occasion, une session importante a également été dédiée aux défis auxquels font face les producteurs marocains, en particulier les risques viraux et phytosanitaires, dans un contexte marqué par l’apparition de maladies ayant un impact direct sur la production et les rendements.
Par rapport à cette problématique, des chercheurs et experts internationaux y ont présenté les dernières avancées scientifiques liées aux virus de la tomate, ainsi que des expériences et approches méditerranéennes pour une gestion durable des risques liés au ToBRFV, au TYLCV et au ToLCNDV. Cette démarche ouvre ainsi la voie à un débat pratique entre chercheurs, producteurs, sociétés semencières et autorités de régulation.
Dans sa dimension internationale, le congrès a ouvert une fenêtre sur le modèle mexicain de production sous serre, considéré comme une expérience de référence pouvant offrir des enseignements utiles au Maroc. Ces enseignements portent notamment sur l’organisation de la production, le lien entre la pépinière et le marché, le renforcement de la capacité exportatrice et la construction de systèmes plus flexibles face aux aléas climatiques et commerciaux.
Sur un autre registre, le congrès a aussi accordé une attention particulière aux solutions pratiques ayant un impact direct sur les exploitations agricoles et les stations de conditionnement. Les discussions ont porté sur des thèmes liés à l’hygiène globale, depuis la semence jusqu’à la station d’emballage, ainsi qu’à la gestion de la culture de la tomate dans des conditions climatiques pluvieuses dans la région d’Agadir. Ces axes traduisent la volonté des organisateurs de faire du congrès un espace d’échange d’expertise appliquée, et non une simple plateforme de débat théorique.
Parmi les signaux forts de cette édition figure également l’intégration de la question de la main-d’œuvre agricole dans le débat professionnel, en tant que l’un des principaux défis auxquels fait face la production agricole en général, et la filière tomate en particulier. Ce dossier a été abordé sous l’angle des solutions et des expériences transversales entre différents secteurs, afin d’en tirer des idées pratiques pouvant être mises en œuvre au sein des exploitations.
Pour rappel, cette édition s’est tenue sous l’égide de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine de Production et d’Exportation des Fruits et Légumes (FIFEL) et de la Chambre d’Agriculture de la Région Souss-Massa, en partenariat avec l’ONG Green Smile.
Le président de la FIFEL, Zakaria Hanich, explique que l’importance de cette conférence compte tenu de l’apport de la filière marocaine de la tomate ainsi que des contraintes auxquelles elle fait face aujourd’hui pour maintenir sa rentabilité économique, citant notamment la pression virale et les risques phytosanitaires qui rendent le coût de production plus élevé d’où l’importance de la tenue de cet événement organisé par Green Smile pour justement explorer des solutions innovantes et passer en revue les différents enjeux pressants de la filière…
H.Z
