Parfois, une ville s’endort en pensant que demain sera une journée comme les autres.
Puis, en quelques secondes, tout bascule.
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À Fès, l’effondrement d’un immeuble d’habitation dans le quartier d’Aïn Nokbi a provoqué l’une des catastrophes urbaines les plus dramatiques de ces dernières années.
Le dernier bilan fait état de 14 morts et plusieurs blessés, alors que les opérations de secours se sont poursuivies pendant de longues heures sous les décombres.
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Ce qui rend cette tragédie encore plus bouleversante, c’est que la plupart des victimes dormaient au moment du drame.
En pleine nuit, des habitants racontent avoir été réveillés par un bruit assourdissant avant de voir un immense nuage de poussière envahir les rues du quartier.
En quelques instants, un immeuble entier s’est transformé en montagne de gravats.
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Mais derrière l’émotion se cache une question qui dérange.
Selon plusieurs informations relayées par les médias, le bâtiment figurait déjà parmi les constructions considérées à risque.
Autrement dit, le danger était connu.
C’est précisément ce détail qui alimente aujourd’hui la colère et l’incompréhension de nombreux habitants.
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Car ce drame ne concerne pas seulement Fès.
Dans plusieurs villes marocaines, des milliers de bâtiments anciens font l’objet d’un suivi en raison de leur état de dégradation.
Chaque année, experts et autorités alertent sur la nécessité d’accélérer les opérations de relogement, de rénovation ou de démolition des structures les plus fragiles.
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Le problème, c’est que le temps joue souvent contre ces bâtiments.
Humidité, modifications non autorisées, vieillissement des matériaux et densité de population finissent parfois par transformer une simple fissure en catastrophe.
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Pendant toute la journée, les équipes de la Protection civile, les autorités locales et de nombreux bénévoles ont mené une véritable course contre la montre.
Dans ce type d’intervention, chaque bruit entendu sous les décombres redonne espoir.
Chaque heure qui passe rend cependant les recherches plus difficiles.
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Cette tragédie rappelle que derrière les grands projets de modernisation des villes marocaines se cache un défi moins visible mais tout aussi important :
celui de sécuriser les bâtiments anciens avant qu’ils ne deviennent des pièges mortels.
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Ce soir, Fès est en deuil.
Mais au-delà du choc et de l’émotion, une question s’impose désormais :
combien d’immeubles signalés comme dangereux attendent encore qu’une catastrophe leur rappelle qu’il est déjà trop tard ?