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Capital-investissement : l’AMIC fait état d’une année 2025 record pour le marché marocain

Par LNT
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L’industrie marocaine du capital-investissement a enregistré en 2025 ses niveaux les plus élevés en matière de levées de fonds et de désinvestissements, selon le rapport d’activité annuel de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC), présenté à Casablanca. L’étude, réalisée avec Grant Thornton, couvre 23 sociétés de gestion et 56 fonds, représentant l’essentiel du marché national.

D’après les données publiées, les levées de capitaux ont atteint 6,576 milliards de dirhams en 2025, un niveau inédit pour le secteur. Ce volume marque une accélération de la dynamique observée ces dernières années, avec plus de 20 milliards de dirhams mobilisés sur la période 2020-2025, soit un montant quatre fois supérieur à celui enregistré entre 2014 et 2019.

Le rapport met en évidence une évolution de la structure des investisseurs. Alors que les capitaux étrangers dominaient historiquement les levées de fonds, la part des investisseurs marocains s’est nettement renforcée, atteignant 60% des montants levés entre 2020 et 2025, contre 30% sur la période précédente. L’AMIC souligne notamment le rôle du Fonds Mohammed VI pour l’investissement dans cette dynamique, tandis que la part relative des organismes internationaux de développement recule.

Sur le plan des investissements, 2,236 milliards de dirhams ont été déployés en 2025 à travers 64 opérations, comprenant 35 nouveaux investissements et 29 réinvestissements. Selon le rapport, 12 sociétés de gestion ont participé à ces opérations. Depuis 2020, près de 11 milliards de dirhams ont été investis, confirmant une montée en puissance progressive du secteur.

Le document relève également une progression du capital-amorçage et du capital-risque, qui représentent 60% des opérations réalisées en nombre en 2025. Cette évolution traduit une présence plus marquée des investissements orientés vers les entreprises en phase de démarrage, notamment les startups technologiques. En valeur toutefois, le capital développement demeure prédominant, concentrant l’essentiel des montants engagés.

La répartition géographique des investissements reste largement dominée par Casablanca-Settat, qui concentre près de 14 milliards de dirhams cumulés à fin 2025, soit plus de 70% des montants investis. Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès figurent parmi les autres régions les plus actives, même si l’écart demeure significatif.

Par secteur, les services arrivent en tête des investissements cumulés, devant la santé et la distribution. Le rapport note également une progression des technologies de l’information et de la communication parmi les segments les plus dynamiques.

Autre indicateur mis en avant : le niveau des sorties, qui atteint 4,199 milliards de dirhams en 2025, un nouveau record. En cumul, les désinvestissements totalisent 14,3 milliards de dirhams à fin 2025, répartis sur près de 200 opérations. L’AMIC observe un regain du marché boursier comme voie de sortie, les introductions en Bourse représentant 33% des désinvestissements en valeur.

En matière de performance, le rapport fait état d’un taux de rendement interne brut moyen de 14% sur la période 2000-2025, contre 12% un an auparavant, avec un multiple global de 1,9x et une durée moyenne d’investissement de 6,2 ans. Les secteurs de la santé, des services et de la construction affichent les rendements les plus élevés.

Pour les prochaines années, les projections des gestionnaires interrogés laissent entrevoir la poursuite de cette dynamique, avec des prévisions d’investissements de plus de 2 milliards de dirhams par an à horizon 2026-2027, dans un contexte où l’agroalimentaire, les nouvelles technologies et la santé figurent parmi les secteurs jugés les plus attractifs.

LNT

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