Indice de la démocratie 2025 : l’EIU relève une stabilisation mondiale, malgré des fragilités persistantes en Afrique subsaharienne

Par LNT
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L’Indice de la démocratie 2025 publié par l’Economist Intelligence Unit (EIU) fait état d’une stabilisation de la situation démocratique à l’échelle mondiale, après huit années consécutives de recul, tout en soulignant la persistance de fragilités institutionnelles dans plusieurs régions, notamment en Afrique subsaharienne.

Selon les conclusions du rapport, relayées lundi à Abidjan, le score moyen mondial de l’indice s’est établi à 5,19 sur 10 en 2025, contre 5,17 en 2024, marquant une légère amélioration présentée comme le premier signe de stabilisation depuis près d’une décennie.

Les auteurs de l’étude indiquent qu’environ 75 % des pays évalués ont enregistré soit une amélioration, soit une stabilité de leur score démocratique entre 2024 et 2025, traduisant une forme d’accalmie après plusieurs années de dégradation continue.

Cette évolution reste toutefois contrastée selon les régions. Le rapport relève notamment une détérioration de la situation démocratique aux États-Unis depuis l’investiture du président Donald Trump en janvier 2025.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, l’indice met en évidence une interruption d’une tendance baissière observée durant neuf années consécutives, portée notamment par des évolutions enregistrées dans certains pays comme la Bolivie, où l’organisation d’élections jugées libres et équitables a contribué à cette amélioration.

Une Afrique subsaharienne entre avancées ponctuelles et vulnérabilités persistantes

En Afrique subsaharienne, le rapport décrit une situation plus contrastée, marquée par la persistance de fragilités structurelles. Selon l’EIU, environ 85 % des régimes politiques de la région restent classés dans les catégories des régimes autoritaires ou hybrides.

Quelques évolutions positives sont néanmoins relevées. Le Sénégal et le Malawi ont ainsi accédé au statut de « démocraties imparfaites », selon le classement établi par l’institution.

S’agissant du Sénégal, le rapport met en avant plusieurs réformes adoptées en 2025 visant à renforcer la transparence institutionnelle et la lutte contre la corruption, notamment à travers l’adoption d’une législation sur la protection des lanceurs d’alerte et un meilleur accès aux informations publiques.

L’étude souligne également une montée de l’engagement politique des jeunes sur le continent, en particulier au Kenya et à Madagascar, où des mobilisations portées par des mouvements issus de la génération Z auraient contribué à influencer les dynamiques politiques et gouvernementales.

Les coups d’État et les crises institutionnelles continuent de peser

En parallèle, le rapport met en lumière la persistance de facteurs de déstabilisation, notamment le retour de coups d’État militaires dans certaines parties du continent.

La Guinée-Bissau et Madagascar ont ainsi enregistré des reculs significatifs de leurs scores démocratiques à la suite de ruptures institutionnelles impliquant des prises de pouvoir militaires, tandis que d’autres pays comme le Gabon et la Guinée sont présentés comme engagés dans des processus de retour progressif vers un régime civil.

Pour les auteurs du rapport, les défis sécuritaires, les crises institutionnelles récurrentes ainsi que les tensions liées aux successions politiques continuent d’affaiblir durablement les institutions démocratiques dans plusieurs pays africains.

Créé en 2006, l’Indice de la démocratie de l’Economist Intelligence Unit évalue chaque année 167 pays et territoires à travers cinq critères principaux : le processus électoral et le pluralisme, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, la culture politique et les libertés civiles.

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