office des changes

Commerce extérieur: Déficit en forte hausse malgré le dynamisme de l’automobile et des MRE

Commerce extérieur: Déficit en forte hausse malgré le dynamisme de l’automobile et des MRE

Par LNT
office des changes

Le déficit commercial du Maroc s’est nettement aggravé au terme du premier trimestre 2026, atteignant 87,37 milliards de dirhams, soit une hausse de 23,9% par rapport à la même période de l’année précédente, selon les dernières données de Office des changes. Une évolution qui reflète un déséquilibre persistant entre des importations en forte progression et des exportations à la croissance plus modérée.

Dans le détail, les importations de biens ont augmenté de 11,1% pour s’établir à 208,2 milliards de dirhams, tirées notamment par la hausse des produits bruts (+42,2%), des produits finis d’équipement (+24,7%) et des produits finis de consommation (+14,6%). Les demi-produits ont également progressé légèrement (+2,1%), tandis que les produits alimentaires ont enregistré un recul de 6%.

En face, les exportations n’ont progressé que de 3,3%, atteignant 120,7 milliards de dirhams. Cette hausse reste toutefois soutenue par la bonne performance de certains secteurs clés, notamment l’automobile et l’aéronautique. Le secteur automobile confirme son rôle de locomotive des exportations marocaines, avec des ventes atteignant près de 42 milliards de dirhams (+12,1%), portées par les segments de la construction (+23,7%) et du câblage (+10,9%).

L’aéronautique affiche également une dynamique positive, avec des exportations en hausse de 12,6% à environ 8 milliards de dirhams, grâce notamment à la progression des activités d’assemblage et des systèmes d’interconnexion électrique (EWIS).

À l’inverse, plusieurs secteurs traditionnels enregistrent un repli notable. Les exportations du textile et cuir chutent de 14,1%, celles des phosphates et dérivés de 7,4%, de l’électronique et électricité de 4,7% et de l’agriculture et de l’agroalimentaire de 2,3%. Dans ce contexte, le taux de couverture des importations par les exportations s’est détérioré, perdant 4,4 points pour s’établir à 58%.

Parallèlement, les échanges de services continuent d’afficher une performance solide. L’excédent de la balance des services s’est accru de 16,1% pour dépasser 38,7 milliards de dirhams, grâce à une hausse des exportations (+13,2% à 76,26 milliards) plus soutenue que celle des importations (+10,4% à 37,56 milliards).

Le secteur du tourisme contribue largement à cette dynamique. La balance « voyages » affiche un excédent de près de 23,7 milliards de dirhams, en forte progression de 31,4%. Cette performance s’explique par une hausse significative des recettes touristiques (+23,5% à 31 milliards de dirhams), largement supérieure à celle des dépenses à l’étranger (+3,4%).

Autre indicateur clé, les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) poursuivent leur progression, atteignant plus de 29,7 milliards de dirhams à fin mars 2026, soit une hausse de 11,7% en glissement annuel. Ces flux continuent de jouer un rôle central dans l’équilibre des comptes extérieurs.

En revanche, les investissements directs étrangers (IDE) affichent un repli. Leur flux net a diminué de 8,3% pour s’établir à 8,45 milliards de dirhams, sous l’effet d’une baisse des recettes (-13,1%) et des dépenses (-22,4%). À l’inverse, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) enregistrent une nette progression de 57,3%, dépassant 2,8 milliards de dirhams.

Au total, ces indicateurs traduisent une économie marocaine à deux vitesses, portée par certains secteurs exportateurs dynamiques et des recettes en devises solides, mais confrontée à une pression accrue des importations et à un creusement du déficit commercial.

 

LNT

Consultez librement toutes nos parutions hebdomadaires, nos hors-série et toutes les communications financières