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SIEL 2026 : Colloque scientifique analysant les transformations historiques de Rabat et son extension en tant que ville de mémoire et d’identité. Crédits photo MAP

SIEL 2026 : débats sur l’histoire de Rabat, patrimoine musical et enjeux culturels contemporains

SIEL 2026 : débats sur l’histoire de Rabat, patrimoine musical et enjeux culturels contemporains

Par LNT
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SIEL 2026 : Colloque scientifique analysant les transformations historiques de Rabat et son extension en tant que ville de mémoire et d’identité. Crédits photo MAP

La 31ᵉ édition du Salon international de l’édition et du livre, organisée à Rabat, a été marquée par une série de rencontres et de conférences consacrées à l’histoire, au patrimoine et aux dynamiques culturelles du Royaume, dans le cadre de la désignation de la capitale comme Capitale mondiale du livre 2026.

À travers plusieurs panels, historiens, chercheurs et académiciens ont mis en lumière la profondeur historique de la ville de Rabat, présentée comme un espace façonné par le croisement de différentes influences civilisationnelles, notamment andalouse, islamique et amazighe.

Lors d’une rencontre consacrée à cette thématique, l’universitaire Houssein Bouzineb est revenu sur l’installation des Morisques dans la région du Bouregreg après leur expulsion d’Al-Andalus, estimant que cet épisode a constitué un tournant dans l’évolution historique de la ville.

De son côté, la chercheuse Leïla Meziane a retracé les différentes phases de transformation de Rabat, rappelant notamment son rôle de capitale atlantique sous les Almohades, à l’époque du calife Yacoub al-Mansour, ainsi que son évolution ultérieure en cité portuaire influente.

Parallèlement à ces débats historiques, d’autres rencontres ont porté sur le patrimoine culturel marocain, notamment à travers un colloque consacré à la richesse de la musique nationale. Des experts internationaux y ont exploré les différentes approches académiques permettant d’analyser ce patrimoine, en mobilisant des disciplines telles que l’ethnomusicologie et l’anthropologie.

À cette occasion, la professeure Manuela Cortés Garcia a souligné l’importance de la préservation et de la numérisation des manuscrits liés à la musique andalouse, appelant à une coopération renforcée entre chercheurs des deux rives de la Méditerranée.

La chercheuse Miriam Rovsing Olsen a, pour sa part, mis en avant les spécificités de la musique amazighe et le rôle central de la poésie chantée, tandis que Alessandra Ciucci a insisté sur l’importance du travail de terrain dans l’étude des pratiques musicales.

Ces échanges ont été modérés par le compositeur et musicologue Nabil Benabdeljalil, qui a évoqué les défis liés à l’adaptation des cadres théoriques aux réalités musicales locales.

Dans un autre registre, une conférence consacrée au Sahara marocain a mis en avant son rôle en tant qu’espace d’interaction civilisationnelle. Des intervenants ont souligné son importance historique comme carrefour d’échanges commerciaux et culturels, reliant l’Afrique subsaharienne, le monde arabe et le littoral atlantique.

Le journaliste Ali El Kabch a évoqué la diversité des représentations du Sahara dans les récits arabes, tandis que le chercheur Mohamed Badoui a mis en avant ses atouts stratégiques et économiques. De son côté, l’écrivain Oussama Sabra a souligné les liens culturels entre les espaces désertiques du monde arabe.

Le salon a également accueilli la cérémonie de remise du Prix Ibn Battouta de la littérature de voyage, récompensant plusieurs auteurs et chercheurs dans différentes catégories liées à la littérature de voyage. Cette distinction s’inscrit dans la thématique centrale de cette édition, dédiée à l’héritage du voyageur marocain Ibn Battouta.

En parallèle, des accords de partenariat ont été signés en marge de l’événement, notamment entre la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel, la Commission du droit d’accès à l’information et le Forum Sahara pour le dialogue et les cultures, visant à renforcer la coopération dans les domaines de la protection des données et de l’accès à l’information.

Ces accords prévoient notamment des actions de sensibilisation, de formation et de diffusion des bonnes pratiques, dans le cadre des lois encadrant ces domaines.

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