Des dizaines de milliers de Somaliens chassés de chez eux par la sécheresse, alerte l’ONU
La sécheresse qui sévit en Somalie a déjà provoqué le déplacement de 62.000 personnes dans seulement cinq districts du pays, a annoncé vendredi l’Organisation internationale des migrations (OIM), précisant que ce nombre pourrait atteindre les 300.000 sur tout le territoire.
« La sécheresse est désormais responsable des trois quarts des nouveaux déplacements de population dans les cinq districts les plus touchés de Somalie », a déclaré devant des journalistes à Genève Brian Kelly, coordonnateur principal des programmes de l’OIM en Somalie, joint depuis le Kenya.
Selon l’OIM, sur les 90 districts que compte le pays, ceux de Baidoa, Dayniile, Kahda, Diinsoor et Doolow, dans la moitié sud, sont parmi les plus durement touchés par cette sécheresse qui survient après deux saisons des pluies consécutives sans précipitations suffisantes.
Sur place, cette situation « entraîne de mauvaises récoltes et l’effondrement des moyens de subsistance, aggravant la faim et exerçant une pression croissante sur des infrastructures déjà limitées », explique l’organisation onusienne.
Et la situation risque de s’aggraver, prévient l’OIM, dont les projections indiquent qu' »environ 125.000 personnes supplémentaires pourraient être déplacées par la sécheresse d’avril à fin juin, malgré les prévisions de pluie ».
Nombre d’entre elles se dirigent vers des zones urbaines comme Mogadiscio et Baidoa et des camps de déplacés déjà saturés, où l’accès à un abri, à l’eau et aux services essentiels demeure limité, explique l’organisation.
Dans les zones sinistrées, les structures de santé constatent une augmentation des cas de malnutrition, notamment chez les enfants, ajoute-t-elle.
Fin février, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), organisme de l’ONU qui mesure la faim et la malnutrition dans le monde, indiquait que la population classée comme étant dans une situation « de crise ou pire » aavait « presque doublé entre début 2025 et février/mars 2026 pour atteindre le chiffre stupéfiant de 6,5 millions de personnes ».
Selon M. Kelly, les agences des Nations unies et les ONG partenaires n’ont reçu que 14% du financement total demandé pour l’aide humanitaire en Somalie cette année.
Si l’OIM a récemment lancé un appel de 10 millions de dollars pour les besoins d’urgence, cette aide « »ne permettra pas de répondre à tous les besoins », a prévenu M. Kelly.
« Sans une action rapide, la sécheresse continuera d’alimenter les déplacements de population, la faim et la vulnérabilité en Somalie », a poursuivi le responsable de l’OIM.
LNT avec Afp
