SIAM 2026 : Le cheptel marocain s’élève à 33 millions de têtes, un record
Face à la crise des viandes rouges qui ne cesse d’inquiéter bon nombre de Marocains, le ministre de l’Agriculture El Bouari se veut rassurant. Selon lui, point d’inquiétude : la production animale du pays se porte bien.
S’exprimant à l’ouverture d’une conférence internationale de Haut niveau, organisée à l’occasion du 18ème SIAM, Ahmed El Bouari a relevé que la production animale constitue un pilier essentiel du secteur agricole national, représentant une source de revenus pour près de 1,2 million d’éleveurs.
Et de poursuivre que la production animale au Maroc contribue à hauteur de 35% au PIB agricole, Il a également fait savoir que, selon les données du recensement de 2025, le Maroc dispose d’un cheptel d’environ 33 millions de têtes d’ovins, caprins, bovins et camélidés, ce qui permet une production annuelle d’environ 530.000 tonnes de viandes rouges et près de 2 milliards de litres de lait.
Pour ce qui est de la filière avicole, M. El Bouari a fait état d’une évolution continue, avec une production estimée à près de 784.000 tonnes de viandes blanches, ainsi qu’environ 6,5 milliards d’œufs destinés à la consommation, assurant ainsi une couverture de 100% des besoins du marché national.
Le ministre a, dans ce sens, affirmé que les filières de production animale occupent une place importante dans la stratégie agricole adoptée par le Royaume, permettant des avancées significatives en matière de développement de la production, d’amélioration de la productivité et de satisfaction des besoins nationaux, tout en renforçant l’organisation professionnelle et en encourageant l’investissement. Il a rappelé que le gouvernement, en application des Hautes Instructions Royales, a lancé un programme exceptionnel de reconstitution du cheptel national, doté d’une enveloppe budgétaire conséquente, principalement destinée à soutenir les éleveurs pour l’acquisition d’aliments de bétail et la préservation des femelles reproductrices.
Et de préciser que la stratégie du ministère dans ce domaine repose sur le renforcement de la production d’aliments pour bétail, ainsi que sur la consolidation du dispositif de sécurité sanitaire animale, à travers le renforcement de la veille épidémiologique, le contrôle sanitaire et la vaccination contre les maladies infectieuses, en plus de l’amélioration de la productivité.
S’agissant du développement de la filière des viandes rouges, le ministre a expliqué qu’elle s’appuiera sur l’amélioration des races bovines destinées à la production de viande, notant que la viande bovine représente 80% de la consommation nationale.
D’après lui, la stratégie prévoit le développement de l’élevage camelin, compte tenu de son rôle économique et social dans les provinces du Sud du Royaume, où il constitue une source essentielle de revenus, générant une valeur ajoutée estimée à près de 225 MDH par an.
Cette stratégie, a poursuivi M. El Bouari, repose aussi sur la modernisation des circuits de commercialisation, la mise à niveau des abattoirs, le développement des infrastructures logistiques, le renforcement des chaînes de froid et de transport, ainsi que la promotion de contrats équitables, notamment au profit des petits producteurs, en plus du développement de la formation et de la recherche scientifique en partenariat avec les différents acteurs, afin d’augmenter le nombre de diplômés des instituts de formation.
Dans le même sens, la directrice de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), Lamiae Ghaouti a indiqué que « les races animales locales et l’investissement dans la recherche et le développement constituent les leviers les plus prometteurs pour bâtir un élevage résilient face aux mutations climatiques et à la volatilité des marchés mondiaux ».
Elle a rappelé que l’élevage contribue à près de 35% du PIB agricole national, représente environ 135 millions de journées de travail par an et assure des revenus à près de 1,2 million d’éleveurs, structurant ainsi les moyens de subsistance des ménages ruraux et garantissant l’accès aux protéines animales indispensables.
Par ailleurs, la directrice de l’INRA a mis en avant la transition en cours dans les modes de consommation au Maroc, évoquant la dualité entre la préférence traditionnelle pour des carcasses légères, notamment à usage festif, et les exigences croissantes d’une classe moyenne urbaine en pleine expansion, relevant que cette transition crée un décalage avec le potentiel génétique des animaux qui reste insuffisamment exploité.
La directrice de l’INRA a soulevé que face à l’instabilité mondiale, « plus l’élevage devient stratégique, plus il doit se transformer », citant comme exemple les démarches nationales complémentaires du Maroc, avec son programme de reconstitution du cheptel et la loi pastorale de la France, du Portugal et de la Côte d’Ivoire qui constituent des actions face à une problématique commune.
En attendant, la flambée des prix des viandes rouges, affichés entre 120 et 150 Dhs/kg, continue de mettre à mal le budget des ménages marocains qui attendent avec impatience un retour à la normal du marché. Est-ce possible ? Telle est la grande interrogation.
H.Z
