Festival Gnaoua 2026 : plus de 400 artistes attendus à Essaouira
Du 25 au 27 juin 2026, la ville d’Essaouira accueillera une nouvelle édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira, rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel marocain et international. Pendant trois jours, plus de 400 artistes, dont 42 Maâlems Gnaoua, investiront les différentes scènes de la ville, entre grands concerts et formats plus intimistes.
L’édition 2026 s’organise autour d’un fil conducteur : les villes portuaires. Lеs artistes invités prоviennent dе régiоns marquées par les circulations maritimes et les dynamiques d’hybridation culturelle à savoir le Libаn, lе Camerоun, le Brésil, lеs Étаts-Unis, l’Inde, l’Éthiоpie, lа Palеstine et lе Marос. Essaouira, historiquement tournée vers l’ouverture, s’inscrit ainsi comme un point de convergence de ces influences.
Comme chaque année, le coup d’envoi sera donné par la traditionnelle parade des Maâlems Gnaoua, moment emblématique qui marque l’entrée du festival dans la ville. L’ouverture officielle se poursuivra sur la scène Moulay Hassan avec un concert réunissant Mehdi Nassouli, la troupe rwandaise i Buhoro, la chanteuse marocaine Sara Moullablad, l’artiste indienne Ganavya et le musicien français Sylvain Barou.
Fidèle à son identité, le festival met l’accent sur les créations originales et les fusions musicales. Plusieurs rencontres artistiques sont annoncées, dont celle de Maâlem Mohamed Montari avec Badume’s Band et Selamnesh Zemene, ou encore la collaboration entre Mehdi Qamoum et le Harlem Spirit of Gospel dirigé par Anthony Morgan. Le bassiste Richard Bona se produira également, avec la participation spéciale d’Asma Lmnawar sur certains titres. Autre moment attendu, le dialogue entre Maâlem Hamid El Kasri et Carlinhos Brown autour des rythmes gnaoua et afro-brésiliens.
L’édition 2026 rendra par ailleurs hommage à Maâlem Mustapha Baqbou, l’un des plus influents de sa génération, disparu en 2025. Maâlem Abdeslam Alikkane, Hamza Baqbou, Maâlem Abdelkebir Merchane et Maâlem Mohamed Kouyou se réuniront pour célébrer la mémoire et l’héritage de cette figure majeure de la tradition gnaoua.
Le Festival accueille également plusieurs artistes, parmi lesquels le Harlem Spirit of Gospel dirigé par Anthony Morgan, Ganavya, 47SOUL, Yasmine Hamdan, Hoba Hoba Spirit ou encore Oudaden, dans une programmation qui réunit des figures établies, des projets contemporains et des représentants de la nouvelle génération gnaoua.
Au-delà de la programmation artistique, le festival maintient son ancrage dans les questions de société à travers le Forum des droits humains. Lancé en 2012, le forum vise à « faire dialoguer tout le monde sans langue de bois », souligne Neila Tazi, Fondatrice du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira. Cet espace de réflexion abordera cette année le thème « Jeunesses du monde : liberté, identité, avenir », avec la participation notamment de Mohamed Mehdi Bensaïd, Souleymane Bachir Diagne, Najat Vallaud-Belkacem, Leïla Slimani et Rachid Benzine.
Le volet formation se poursuit également avec la troisième édition du programme Berklee at the Gnaoua and World Music Festival qui propose une immersion de six jours à destination de musiciens de différents horizons. En parallèle, la collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique se poursuit autour d’une chaire dédiée à la culture gnaoua et aux hybridations culturelles.
Pour Neila Tazi, le festival reste fidèle à son ambition initiale, celle de « faire un festival pas comme les autres ». Elle souligne qu’il dépasse largement le cadre du divertissement pour s’inscrire dans un projet culturel de long terme, devenu « une infrastructure culturelle immatérielle ».
A. Loudni
