SIAM 2026 : La 18ème édition face à la crise des viandes rouges
Très attendu de part et d’autres, le Salon International de l’Agriculture de Meknès (SIAM) se déroule du 20 au 28 avril avec comme thème central : « La durabilité de la production animale et de la souveraineté alimentaire ». Cette édition 2026 se tient toutefois dans un contexte où les prix des viandes rouges ont atteint des seuils très élevés, ce qui rend l’accès aux viandes rouges de plus en plus difficile pour une bonne partie de la population marocaine.
La capitale ismaélite rassemble, le temps d’un SIAM, les gros bonnets de l’écosystème agricole national dont les principaux éleveurs et intervenants dans la production animale.
Cette 18 édition intervient donc dans un contexte marqué par une forte tension sur les prix des viandes rouges chez nous Maroc. Elle se déroule aussi dans un contexte mondial marqué par la succession de plusieurs chocs et crises. La Covid-19, la guerre russo-ukrainienne, la dégradation climatique, la guerre en Iran et son impact négatif sur les prix du Baril, ont fini par créer de grandes perturbations au niveau des marchés mondiaux, agissant à la fois sur la disponibilité́ et les prix des intrants agricoles et des produits alimentaires.
Le constat aujourd’hui est alarmant et en dehors des dernières pluies salvatrices, notre pays vit depuis quelques années déjà au rythme des changements climatiques caractérisés par des températures élevées et un manque de précipitations, entraînant une sévère diminution des ressources hydriques, et une détérioration des sols et des pâturages.
A Meknès et pour ouvrir le bal de cette 18ème édition de SIAM, la matinée du mardi 21 avril a été consacrée à cette question ô combien délicate de la sécurité alimentaire. Cette rencontre a été tenue sous le thème : « Production animale et transformation des systèmes alimentaires. Enjeux : renforcer la résilience des filières face au changement climatique et assurer la souveraineté alimentaire ».
A cet effet, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, explique que le secteur de l’élevage représente près du tiers du PIB agricole, génère près de 35 MMDH milliards de valeur ajoutée, assure environ 135 millions de journées de travail par an et constitue une source de revenu pour près de 1,2 million d’éleveurs.
Et de poursuivre que les acquis enregistrés dans le cadre du Plan Maroc Vert, puis consolidés par la stratégie « Génération Green » ont permis de renforcer les filières animales, a-t-il assuré, notant, toutefois, que le secteur a fait face à des défis importants, liés notamment à la succession des années de sécheresse : ‘‘Face à cette situation, et en application des Hautes Instructions Royales, le gouvernement a lancé un programme de reconstitution du cheptel national, qui constitue aujourd’hui un levier essentiel pour rétablir progressivement l’équilibre du secteur… cette dynamique intervient dans un contexte marqué par une amélioration des conditions climatiques, ouvrant ainsi des perspectives encourageantes pour la relance du secteur’’, a-t-il indiqué.
Par la même occasion, il a souligné que le SIAM, en tant que plateforme de référence de l’agriculture nationale et internationale, offre cette année un cadre privilégié pour débattre de la thématique de la « durabilité de la production animale et souveraineté alimentaire », retenue pour cette 18è édition, partager les expériences et mettre en lumière les solutions à même d’accompagner durablement la relance du secteur.
Pour rappel, le Maroc a fait de grands pas en matière de sécurité alimentaire, figurant aujourd’hui parmi les premiers pays de la région MENA pour les taux moyens de couverture des besoins alimentaires nationaux : 65% pour les céréales ; 47% pour le sucre ; 99% pour le lait, les viandes rouges et les viandes blanches et 100 % pour les fruits et légumes.
C’est rassurant à première vue, mais néanmoins et au niveau des marché, les résultats renvoient à une autre logique. En effet, les prix des viandes rouges varient entre 120 et 150 Dhs/kg, ce qui remet en question l’efficacité actuelle de toutes ces mesures. C’est dire l’importance, voire l’urgence de revoir en profondeur toutes ces stratégies, avec pour objectif premier d’alléger les charges financières du citoyen marocain.
Hassan Zaatit
