EPIK Leaders : l’intelligence artificielle s’impose comme levier stratégique pour le financement des ONG
Face à un environnement de plus en plus concurrentiel en matière de financement, les organisations de la société civile pourraient voir leurs modes de fonctionnement profondément transformés par l’essor de l’intelligence artificielle. C’est l’un des principaux enseignements de la conférence « AI FOR IMPACT », organisée le 10 avril en marge du GITEX Africa 2026, par EPIK Leaders en partenariat avec l’École Marocaine des Sciences de l’Ingénieur.
Réunissant experts, chercheurs et acteurs associatifs, cet événement a permis d’explorer les mutations en cours dans le secteur des ONG, notamment en lien avec l’accès aux financements. Dans un contexte marqué par une compétition accrue et des exigences administratives croissantes, les intervenants ont souligné le potentiel de l’IA pour simplifier et accélérer cet accès au financement.
Un constat largement partagé a émergé au fil des échanges : la difficulté pour les ONG ne réside plus uniquement dans la rareté des financements, mais dans leur accessibilité. Selon les données présentées lors de la conférence, une organisation consacre en moyenne entre 30 et 50 heures à la préparation d’un dossier de financement, alors même que les chances de succès demeurent incertaines.
Pour Nizar Chaari, cette situation appelle une transformation des pratiques. « Aujourd’hui, le principal frein pour les ONG n’est plus le manque de financement, mais l’accès à ce financement. L’IA est en train de redistribuer les cartes », a-t-il affirmé, estimant que les organisations capables d’intégrer ces outils disposeront d’un avantage compétitif significatif.
Parmi les solutions présentées figure la plateforme NOVAI, développée pour accompagner les ONG dans leur recherche de financements. Introduite par ses cofondateurs Liwaa Awar et Jawad Moghraby, cette solution repose sur une base de données actualisée de bailleurs de fonds, un système de matching intelligent et un assistant capable de générer des propositions complètes, incluant budgets et livrables.
Selon les intervenants, ces outils permettent de réduire drastiquement le temps de préparation des dossiers, passant de plusieurs dizaines d’heures à quelques minutes, tout en améliorant la pertinence des candidatures. Toutefois, ils ont insisté sur le rôle central de l’expertise humaine, indispensable pour valider et affiner les propositions générées par l’IA.
La conférence a également donné lieu à un panel consacré aux enjeux d’une intelligence artificielle responsable et inclusive. Y ont notamment pris part Mohamed El Rhabi, Fatima-Zahra Bounaffaa et Khadija Bousmar. Les échanges ont mis en avant plusieurs points de convergence, notamment la nécessité de considérer l’IA comme un outil d’augmentation des capacités humaines plutôt que de substitution.
« L’intelligence artificielle amplifie l’intention de la personne qui l’utilise », a souligné Mme Bounaffaa, ajoutant que ces technologies permettent de libérer du temps sur les tâches répétitives pour le réinvestir dans des actions à fort impact.
Les participants ont également insisté sur les spécificités du contexte africain, marqué par des contraintes telles que la rareté des données, l’instabilité de la connectivité ou encore la diversité linguistique. Loin d’être des freins, ces défis sont perçus comme des opportunités d’innovation, appelant à la conception de solutions adaptées aux réalités locales.
Par ailleurs, la question de l’équité, notamment en matière de genre, a été identifiée comme un enjeu central. Les intervenants ont plaidé pour une intégration de ces considérations dès la phase de conception des outils, afin d’éviter la reproduction de biais existants.
LNT
