Parlement : ouverture de la deuxième session de la cinquième année législative
La Chambre des représentants a procédé, vendredi, à l’ouverture de la deuxième session de la cinquième année législative de la onzième législature, à l’occasion d’une séance plénière marquée par une allocution du président de l’institution, Rachid Talbi El Alami. Cette reprise des travaux parlementaires intervient dans un contexte à la fois national et international caractérisé par de multiples enjeux politiques, économiques et géostratégiques.
Dans son discours d’ouverture, M. Talbi El Alami a souligné que cette session constitue « un nouveau jalon dans le processus de concrétisation de la démocratie marocaine et de consécration de l’édifice institutionnel », inscrivant l’action législative dans le cadre de la monarchie constitutionnelle démocratique et sociale. Il a ainsi mis en avant la continuité du processus institutionnel, fondé sur l’équilibre des pouvoirs et le renforcement des mécanismes démocratiques.
Le président de la Chambre a également replacé cette rentrée parlementaire dans un environnement international marqué par une succession de crises aux répercussions multiples. Dans ce contexte, il a estimé que le modèle marocain se distingue par sa capacité de résilience et sa stabilité, qu’il a attribuées au leadership de Mohammed VI. Selon lui, cette dynamique permet au Royaume de poursuivre sa trajectoire de développement tout en consolidant ses acquis institutionnels et économiques.
Abordant la place du Maroc sur la scène internationale, M. Talbi El Alami a mis en avant le renforcement du positionnement du Royaume, soutenu par des indicateurs économiques et sociaux jugés positifs. Il a également insisté sur la crédibilité des positions diplomatiques du Maroc, inscrites dans le cadre d’une action extérieure qualifiée de cohérente et constante.
La question de l’intégrité territoriale a occupé une place importante dans l’allocution. Le président de la Chambre des représentants a évoqué les avancées enregistrées sur le dossier du Sahara marocain, en particulier le soutien croissant exprimé par plusieurs capitales et organisations régionales au plan d’autonomie. Il a notamment fait référence à la Résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, considérée comme un jalon important dans l’évolution du traitement international de ce différend.
« Ce tournant décisif dans le traitement de ce conflit par la communauté internationale marque une étape cruciale de notre histoire nationale », a-t-il déclaré, appelant dans le même temps à maintenir une mobilisation soutenue, notamment à travers la diplomatie parlementaire. Celle-ci est appelée, selon lui, à jouer un rôle accru dans la défense des intérêts supérieurs du Royaume et dans l’accompagnement des orientations stratégiques définies au plus haut niveau de l’État.
Sur le plan législatif, la session qui s’ouvre s’annonce dense. Le programme de travail comprend 39 projets de lois, dont une majorité liée à la ratification d’accords internationaux. À cela s’ajoutent plusieurs textes relatifs à la poursuite des réformes structurelles, à la modernisation de l’État et à l’organisation de certaines professions. Cette activité législative s’inscrit dans une logique de mise à niveau des cadres juridiques et d’adaptation aux évolutions économiques et sociales.
Par ailleurs, la dimension de contrôle de l’action gouvernementale a été mise en exergue. M. Talbi El Alami a indiqué que, durant l’intersession, 2.481 questions ont été adressées au gouvernement, dont 865 questions orales et 1.616 questions écrites. Il a appelé les différentes composantes de la Chambre à intensifier leurs efforts afin d’accélérer le rythme du contrôle parlementaire et de renforcer la qualité des débats.
L’objectif, a-t-il précisé, est de faire émerger des discussions « porteuses de décisions », reflétant le degré de maturité atteint par la démocratie institutionnelle marocaine. Cette exigence s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer l’efficacité de l’action parlementaire et d’en améliorer l’impact concret sur les politiques publiques.
En conclusion, le président de la Chambre des représentants a insisté sur la responsabilité collective des parlementaires face aux attentes des citoyens. Tout en saluant les acquis réalisés, il a appelé à une mobilisation accrue pour garantir que les travaux législatifs et de contrôle contribuent effectivement au développement du pays et au renforcement de la confiance dans les institutions.
« Si ces acquis sont une source de fierté, ils nous imposent également d’importantes responsabilités », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de consolider la production législative et d’assurer des retombées positives au bénéfice de la Nation et du citoyen.
LNT
