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Famille au Maroc : le HCP met en lumière de nouveaux équilibres en 2025

Famille au Maroc : le HCP met en lumière de nouveaux équilibres en 2025

Par LNT
HCP

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a présenté, mercredi à Rabat, les résultats de l’Enquête Nationale sur la Famille 2025 (ENF 2025), deuxième édition après celle de 1995. Cette étude statistique vise à analyser les transformations démographiques, sociales et économiques de la famille marocaine à travers un ensemble d’indicateurs relatifs à la composition des ménages, aux dynamiques conjugales, aux solidarités intergénérationnelles, aux parcours de vie et aux perceptions sociales.

Réalisée auprès d’un échantillon de 14.000 ménages, sur la base des districts du RGPH 2024, l’enquête s’est déroulée entre le 5 mai et le 24 septembre 2025, en mode de collecte assistée par ordinateur (CAPI). Elle repose sur un cadre conceptuel couvrant des dimensions démographiques, économiques, sociales et culturelles, avec des modules portant notamment sur la fécondité, la mobilité sociale, les réseaux familiaux et l’usage du numérique dans les relations familiales.

Les résultats montrent une évolution de la structure des ménages, marquée par une prédominance accrue du modèle familial nucléaire. En 2025, 73% des ménages relèvent de cette configuration, contre 60,8% en 1995. Cette progression s’observe à l’échelle nationale, avec une croissance plus rapide en milieu urbain, où le taux d’accroissement annuel moyen atteint 3,6%, contre 2,4% en milieu rural.

Le couple avec enfants célibataires constitue la configuration la plus répandue, représentant 53,9% des ménages, avec une proportion plus élevée en milieu rural (56,6%) qu’en milieu urbain (52,5%). Parallèlement, l’enquête fait état d’une augmentation des couples sans enfants, dont la part passe de 3,4% en 1995 à 9,4% en 2025.

Les données relatives aux dynamiques conjugales indiquent un recul des intentions de mariage. Parmi les personnes célibataires, 51,7% déclarent ne pas souhaiter se marier, tandis que 40,6% envisagent de le faire. L’âge moyen au premier mariage est estimé à 26,3 ans pour les femmes et à 33,3 ans pour les hommes. Les mariages entre apparentés reculent, passant de 29,3% à 20,9% sur la période 1995-2025, tandis que le mariage au sein de la même commune diminue également.

L’enquête relève aussi un taux annuel moyen de divorce de 3,6‰, avec une incidence plus élevée en milieu urbain (4,3‰) qu’en milieu rural (2,5‰), et chez les femmes (4,9‰) que chez les hommes (2,4‰). La monoparentalité est majoritairement féminine, 90,7% des familles monoparentales étant dirigées par des femmes.

En matière de fécondité, l’indice synthétique s’établit à 1,98 enfant par femme, un niveau inférieur au seuil de remplacement des générations fixé à 2,1. Par ailleurs, à l’âge de 35 ans, 16,5% des individus n’ont connu ni départ du foyer parental ni mariage, une proportion plus élevée chez les hommes (20,3%) que chez les femmes (12,9%).

S’agissant des solidarités familiales, l’enquête indique que 59,3% des personnes âgées vivent avec au moins un enfant. Le cercle de parenté proche, défini par les liens effectivement entretenus, regroupe en moyenne 17 proches.

Concernant la mobilité sociale, 41% des individus connaissent une progression par rapport à la position sociale de leur père. L’étude souligne également que les technologies de l’information et de la communication influencent les relations familiales : 56,3% des répondants estiment qu’elles renforcent les liens avec les frères et sœurs vivant hors ménage, et 31,7% évoquent un effet positif sur les relations avec les parents.

L’ENF 2025 met ainsi en évidence des évolutions structurelles du modèle familial, en lien avec les transformations démographiques, économiques et sociales du pays. Elle constitue une base de données destinée à éclairer l’analyse des dynamiques familiales et à alimenter l’élaboration des politiques publiques.

 

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