Espace : les astronautes d’Artémis 2 entrent dans la sphère d’influence lunaire avant un survol historique
La mission Artemis II a franchi une étape décisive lundi avec l’entrée de son équipage dans la sphère d’influence gravitationnelle de la Lune, marquant l’approche du premier survol habité de l’astre depuis plus de cinquante ans.
Plus de quatre jours après leur décollage depuis la Floride, les quatre astronautes s’apprêtent à accomplir un moment inédit dans l’histoire récente de l’exploration spatiale.
À 04H42 GMT, les astronautes ont franchi un seuil critique en pénétrant dans la zone où la gravité de la Lune prend le dessus sur celle de la Terre, amorçant ainsi la phase la plus symbolique de la mission.
Ce passage marque le début de la dernière ligne droite avant le survol de la Lune, point culminant d’un voyage qui doit permettre de tester les capacités humaines et technologiques en vue des futures missions habitées.
L’équipage est composé des astronautes américains Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman, ainsi que du Canadien Jeremy Hansen.
Les astronautes d’Artémis 2 deviendront les premiers humains à voler autour de la Lune depuis les missions du programme Apollo program, dont la dernière remonte à 1972.
Cette mission se distingue également par sa dimension symbolique, puisqu’elle inclut pour la première fois une femme et un astronaute noir dans un vol lunaire.
Contrairement aux missions Apollo, l’équipage ne se posera pas sur la Lune, mais effectuera un survol rapproché à bord du vaisseau Orion.
Pendant environ sept heures, à partir de 18H45 GMT, la Lune occupera entièrement le champ de vision des astronautes.
« Elle apparaîtra comme un ballon de basket tenu à bout de bras », a expliqué Noah Petro, responsable du laboratoire de géologie planétaire de la NASA.
Les astronautes auront pour mission d’observer et de décrire les formations géologiques lunaires, en s’appuyant sur une préparation de plus de deux ans.
Leurs observations, complétées par des photographies et des notes, devraient permettre d’enrichir les connaissances scientifiques sur l’histoire et la composition de la Lune.
La mission sera retransmise en direct sur plusieurs plateformes, avec une interruption d’environ 40 minutes lorsque le vaisseau passera derrière la Lune, rendant les communications impossibles.
« Entendre cet équipage décrire la surface lunaire va vous donner la chair de poule », a déclaré Kelsey Young, responsable scientifique de la mission.
Pour de nombreux observateurs, ce moment constitue une première générationnelle, la plupart du public n’ayant jamais vécu les missions Apollo.
Les astronautes d’Artémis 2 devraient également battre un record en devenant les humains les plus éloignés de la Terre, à plus de 406.000 kilomètres.
Ils survoleront la face cachée de la Lune, une région encore peu observée directement par des humains, et pourraient découvrir des formations jamais vues lors des missions Apollo.
« Nous verrons probablement des régions que les astronautes d’Apollo n’avaient pas pu observer », a souligné Jacob Bleacher, responsable scientifique à la NASA.
Au cours de leur trajectoire, les astronautes devraient assister à une éclipse solaire, ainsi qu’à un lever et un coucher de la Terre vus depuis l’orbite lunaire.
Ces images rappellent la célèbre photographie du « lever de Terre » capturée lors de la mission Apollo 8 en 1968, qui avait profondément marqué les perceptions de la planète.
« Au milieu de tout ce vide, notre planète est une oasis », a déclaré Victor Glover, évoquant la fragilité et la singularité de la Terre.
Si cette mission et les suivantes se déroulent comme prévu, la NASA ambitionne de faire alunir des astronautes à l’horizon 2028.
LNT avec AFP
