Moyen-Orient : nouvelles frappes iraniennes et escalade des tensions avec Washington
L’intensification du conflit au Moyen-Orient s’est poursuivie lundi avec de nouvelles frappes menées par l’Iran contre Israël et plusieurs pays du Golfe, dans un contexte marqué par une montée des tensions avec les États-Unis et des menaces répétées du président Donald Trump.
Plus d’un mois après le déclenchement des hostilités, la situation continue de se dégrader, alimentant les craintes d’une escalade régionale majeure et d’un enlisement du conflit.
Selon les informations disponibles, Téhéran a lancé des missiles et des drones en direction d’Israël, du Koweït et des Émirats arabes unis, élargissant ainsi le périmètre géographique des affrontements.
En Israël, deux corps ont été retrouvés sous les décombres d’un immeuble touché par une frappe à Haïfa, tandis que deux autres personnes restent portées disparues.
Dans les pays du Golfe, les Émirats arabes unis ont signalé un blessé après la chute de débris de drones interceptés, tandis que le Koweït a également été visé par des attaques.
En Iran, les frappes israéliennes ont endommagé une installation gazière à Téhéran, provoquant des coupures d’approvisionnement, et touché une université adjacente. Plusieurs quartiers résidentiels ont également été visés, entraînant l’évacuation de huit hôpitaux et la mort d’au moins cinq personnes à Qom, selon des médias locaux.
Les tensions ont été exacerbées par les déclarations de Donald Trump, qui a fixé un ultimatum à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, menaçant de frapper des infrastructures stratégiques en cas de refus.
Face à ces déclarations, un responsable iranien, Kazem Gharibabadi, a dénoncé de possibles « crimes de guerre », tandis que le commandement militaire iranien a averti que les prochaines représailles pourraient être « bien plus dévastatrices ».
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a également réagi en affirmant que « toute notre région va brûler » si les tensions continuaient de s’intensifier.
Depuis l’attaque initiale du 28 février, les échanges de frappes se succèdent quotidiennement, sans signe tangible d’apaisement.
Au Liban, le Hezbollah a revendiqué de nouveaux tirs de roquettes vers Israël, tandis que des frappes israéliennes ont visé la banlieue sud de Beyrouth, faisant plusieurs victimes civiles.
Dans ce contexte, les analystes estiment que la probabilité d’un accord rapide reste faible. L’expert en sécurité Danny Citrinowicz juge ainsi que la perspective d’un compromis entre Washington et Téhéran est « quasi inexistante » dans les conditions actuelles.
Malgré l’intensité des combats, des efforts diplomatiques se poursuivent. Oman, pays stratégique situé face à l’Iran, a engagé des discussions avec Téhéran sur la réouverture du détroit d’Ormuz.
Parallèlement, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a multiplié les contacts avec ses homologues pakistanais et égyptien, dans le cadre d’initiatives de médiation régionales.
Ces démarches restent toutefois fragiles et peinent à s’imposer face à la dynamique militaire en cours.
Les tensions géopolitiques continuent de peser sur les marchés de l’énergie, les prix du pétrole se maintenant autour de 110 dollars le baril.
Cette situation reflète les inquiétudes liées à la perturbation du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative de l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Malgré la décision de plusieurs pays de l’OPEP+ d’augmenter leur production à partir de mai, les marchés restent sensibles à toute évolution du conflit.
Au-delà du marché pétrolier, les effets de la crise se font déjà sentir dans plusieurs pays. En Égypte, par exemple, les autorités ont instauré un couvre-feu commercial pour faire face aux conséquences économiques de la hausse des prix de l’énergie.
LNT avec AFP
